Médicaments dangereux en gynécologie-obstétrique
GYNECOLOGIE - ENDOCRINOLOGIE
DOULEUR - ANTALGIE
OSTEOPOROSE
CANCEROLOGIE - HEMATOLOGIE
TAMOXIFENE - CANCER DU SEIN
THALIDOMIDE TERATOGENE
GYNECOLOGIE - ENDOCRINOLOGIE
− La tibolone (Livial°), un stéroïde de synthèse dans le traitement hormonal substitutif de la ménopause, expose à des effets indésirables androgéniques en plus de ceux des estroprogestatifs (troubles cardiovasculaires, cancers du sein ou de l’ovaire, etc.) (n° 320 p. 432). Quand un traitement hormonal est choisi malgré les risques, autant en rester à une association estroprogestative la plus faiblement dosée et pendant la durée la plus courte possible.
DOULEUR - ANTALGIE
De nombreux antalgiques et anti-inflammatoires sont à retirer du marché. Des options avec une balance bénéfices-risques plus favorable sont disponibles. Le paracétamol est l’antalgique de premier choix : il est efficace et présente peu de dangers quand sa posologie est respectée. Certains anti-inflammatoires
non stéroïdiens (AINS), tels l’ibuprofène (Brufen° ou autre) et le naproxène (Naprosyne° ou autre), à
la plus petite dose efficace et pour une durée la plus courte possible, sont une alternative.
− les coxibs : le célécoxib (Celebrex°), l’étoricoxib (Arcoxia°) et le parécoxib (Dynastat°) exposent à plus de
risques cardiovasculaires et cutanés que d’autres AINS (n° 344 p. 419) ;
− la floctafénine (Idarac°), un AINS proposé comme antalgique, expose à des hypersensibilités dont des bronchospasmes et des oedèmes de Quincke (n° 321 p. 498) ;
− le kétoprofène en gel (Ketum° gel ou autre) expose à un surcroît de troubles cutanés par rapport à d’autres
AINS topiques (n° 319 p. 338-339 ; n° 321 p. 501 et III de couv. ; n° 324 p. 735) ;
− le néfopam (Acupan° ou autre), un antalgique, expose à des effets atropiniques, des convulsions, des troubles hépatiques et des dépendances (n° 324 p. 738-739) ;
− le nimésulide (Nexen° ou autre), un AINS, expose à des atteintes hépatiques graves, voire mortelles (n° 327
p. 22-23 ; n° 335 p. 659) ;
− le piroxicam (Feldène° ou autre), un AINS, expose à un surcroît de troubles digestifs et cutanés (dont des
syndromes de Lyell) (n° 321 p. 498).
OSTEOPOROSE
Plusieurs médicaments commercialisés dans l’ostéoporose sont à retirer car leur efficacité est au mieux modeste et leurs effets indésirables sont parfois graves. Dans cette situation, autant en rester avec
précaution à l’acide alendronique (Fosamax° ou autre), quand les moyens non médicamenteux et l’apport
de calcium + vitamine D3 sont jugés insuffisants :
− le dénosumab (Prolia°) en prévention des fractures dans l’ostéoporose et dans la “perte osseuse” au cours
du cancer de la prostate, expose à des douleurs dorsales et musculosquelettiques, et à des infections liées
aux effets immunodépresseurs de cet anticorps monoclonal (n° 329 p. 168-172). Dans la “perte osseuse”,
on ne connaît pas de médicament satisfaisant ;
− le strontium ranélate (Protelos°) expose à des troubles neuropsychiques et à des hypersensibilités
dont des syndromes de Lyell et des syndromes d’hypersensibilité multiorganique (alias Dress), et à des
thromboembolies veineuses (n° 338 p. 902 + 910) ;
− le tériparatide (Forsteo°), un peptide, expose à des troubles digestifs, des syncopes secondaires à des hypotensions, et peut-être à un risque de tumeurs osseuses (n° 315 p. 18).
CANCEROLOGIE - HEMATOLOGIE
Parmi les cytotoxiques commercialisés en France, 5 cytotoxiques cités ci-dessous sont à retirer du marché
soit parce qu’ils ont une balance bénéfices-risques moins favorable que d’autres cytotoxiques mieux
éprouvés, soit parce que des soins symptomatiques sans cytotoxique sont une meilleure option :
− le catumaxomab (Removab°) n’augmente pas la durée de vie dans l’ascite maligne, et expose plus de trois
quarts des patients à des effets indésirables graves (n° 319 p. 332-335) ;
− le panitumumab (Vectibix°), n’augmente pas la survie dans les cancers colorectaux métastasés, et expose à
des effets indésirables chez environ 90 % des patients, dont des hypersensibilités et des atteintes cutanées
(n° 323 p. 666) ;
− la trabectédine (Yondelis°), sans efficacité tangible démontrée dans les cancers de l’ovaire et les sarcomes
des tissus mous, expose à des effets indésirables graves très fréquents, digestifs, hématologiques et hépatiques (n° 326 p. 892) ;
− le vandétanib (Caprelsa°), sans efficacité démontrée sur la survie dans les cancers médullaires de la thyroïde, expose à des effets indésirables graves chez 1 patient sur 3 (diarrhées, pneumonies,
hypertensions) et à des morts subites (n° 342 p. 256-259) ;
− la vinflumine (Javlor°) n’apporte pas de progrès dans les cancers de la vessie, et expose à des effets indésirables hématologiques fréquents et parfois mortels (n° 320 p. 415).
D’autre part, le fer dextran (Ferrisat°) expose à davantage d’hypersensibilités que les autres spécialités
à base de fer injectable disponibles (n° 349 p. 819).
TAMOXIFENE - CANCER DU SEIN
Le tamoxifène est un modulateur sélectif des récepteurs des oestrogènes utilisé sous forme orale dans le cancer du sein. Il est pour l'instant le traitement le plus vendu dans le cadre du traitement de ce cancer. Il est utilisé dans le traitement de cancers du sein en phase précoce ou avancé chez les femmes pré- et post-ménopausées.
Le tamoxifène est commercialisé, entre autres, sous la marque Nolvadex.
Dans certains pays, il est vendu comme médicament générique.
Effets indésirables du tamoxifène
Les effets indésirables les plus graves du tamoxifène sont les complications thrombo-emboliques et les transformations malignes de l’endomètre.
Les femmes traitées par le tamoxifène ont un risque légèrement accru de thrombose veineuse profonde, d’embolie pulmonaire et d’AVC.
Les résultats de cette étude suggèrent que le tamoxifène augmente de 50% le risque de carcinome de l’endomètre.
http://www.cbip.be/Folia/2001/F28F10B.cfm
Effets indésirables
- Chez l'ensemble des patientes traitées, il peut être observé :
. un accroissement de la fréquence des anomalies endométriales (atrophies pseudo-hyperplasiques, hypertrophies, polypes, cancer) imposant une exploration rapide et approfondie de toute patiente signalant des métrorragies (voir précautions d'emploi) ;
. augmentation du risque d'accidents thrombo-emboliques, incluant thrombose profonde et embolie pulmonaire. Ce risque est augmenté en cas d'association aux agents cytotoxiques ;
. des troubles visuels incluant des cataractes, des modifications cornéennes et/ou des rétinopathies dans un petit nombre de cas, et pour lesquels un suivi ophtalmologique est recommandé ;
. des bouffées de chaleur et un prurit vulvaire en rapport avec l'effet anti-estrogène ;
. des phénomènes nauséeux rares cédant au fractionnement de la thérapeutique ;
. des leucorrhées peu importantes ;
. des manifestations cutanées : éruptions cutanées, urticaire. De rares cas de manifestations cutanées sévères, tels que érythème polymorphe, pemphigus bulleux, syndrome de Stevens-Johnson ont été décrits ;
. rarement, des réactions allergiques dont quelques cas d'oedème de Quincke ;
. une alopécie ;
. des céphalées ;
. en début de traitement sont possibles mais rares une aggravation transitoire des symptômes du cancer (douleur et/ou augmentation du volume apparent de la tumeur), une hypercalcémie chez quelques patientes présentant des métastases osseuses ;
. une leucopénie parfois associée à une anémie et/ou une thrombocytopénie, exceptionnellement une neutropénie sévère ;
. des modifications des enzymes hépatiques et, dans de rares cas, des anomalies hépatiques de type stéatose, cholestase et hépatite ;
. rarement des douleurs au niveau de la tumeur et très rarement une rétention hydrosodée ;
. de rares cas d'hypertriglycéridémie ou de pancréatite ont été rapportés (voir mises en garde et précautions d'emploi) ;
. des cas exceptionnels de pneumopathies interstitielles ont été signalés.
Chez la femme non ménopausée, certains effets indésirables sont plus spécifiquement rapportés :
. une aménorrhée ou des irrégularités du cycle ;
. une élévation éventuellement importante des taux d'estradiol circulant, associée à des kystes ovariens et/ou des ménométrorragies (voir précautions d'emploi).
Je me permets de m'adresser plus particulièrement à toi car nous avons le même âge (55 ans) et avons suivi le même parcours.
Mais pourrais-tu me dire les raisons pour lesquelles les médecins ne t'ont pas passer aux anti-aromatases aprés les deux ans de Tamo ? Peut-être te les as t'on prescrits mais vu les effets secondaires peut-être plus importants es -tu repasser au tamo ?
Garder le tamo pendant 5 ans te t'a pas causé de problème de grossissement d'endomètre ?
Moi au bout de 2 ans 1/2 je suis à la limlite.
C'est pourquoi la gynéco veut me revoir 2 mois aprés avoir arrêté Tamo et avalé Arimidex.
Merci sincèrement pour ta réponse qui peut-être m'aidera à effacer mes nuits blanches et mes terribles angoisses...
et si...... d'autres impatientes sont restée 5 ans sous Tamo en étant ménopausée ont-elles eu des soucis d'endomètre ?
Opérée d'une tumeur hormono-dépendante de 2cm le 31 août dernier, après 33 séances de rayons, je suis sous tamoxifène; j'ai échappée à la chimio parce que pas de ganglions touchés et peur terrible de ce traitement.
Aujourd'hui, pendant les 5 à 6 jours d'ovulation, douleurs invalidantes irradiantes dans le bas du ventre; après plusieurs échos, constat d'ovaires kystiques (normaux sous tam).
En urgence mon gyneco m'a prescrit le mois dernier du lutenyl; ça m'a calmée illico. Lorsque je l'ai dit à mon cancero, j'ai cru qu'il allait s'étouffer: tumeur hormonodépendante!
Il me propose donc des injections de décapeptyl tous les mois pour provoquer ménopause artificielle, mais lorsque je vois les effets indésirables de ce produit je reste perplexe. Dois-je en avoir peur?
Quelqu'un a-t-il vécu pareille expérience? Pouvez-vous m'aider par vos témoignages?
Par avance merci à toutes celles qui voudront bien se pencher sur la question. Zaz.
j'ai 50 ans donc avec ma gynéco nous avons décidés de m'enlever les ovaires et l'utérus comme ça je n'aurai plus besoin de la piqure
tu sais moi aussi j'ai peur des effets secondaires des traitement c'est pour ça que j'ai pas encore commencé l'hormono mais va falloir y allerje t'embrasse cathy
THALIDOMIDE TERATOGENE ![]()
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Indications
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L'utilisation de THALIDOMIDE LAPHAL est strictement limitée aux indications suivantes lorsqu'il n'existe aucune alternative thérapeutique :
- Aphtoses sévères notamment celles observées au cours des infections par le VIH.
Dans la maladie de Behçet, le thalidomide agit sur les manifestations cutanées et/ou muqueuses mais n'a pas d'action sur les manifestations systémiques.
- Infiltration lymphocytaire de la peau (maladie de Jessner-Kanoff).
- Lupus érythémateux cutané ayant résisté aux traitements classiques.
- Myélome réfractaire et/ou en rechute après au moins une ligne thérapeutique ayant comporté des alkylants.
- Réaction chronique du greffon contre l'hôte.
- Réactions lépreuses de type II au cours de la maladie de Hansen dont l'érythème noueux lépreux.
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Posologie
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Conduite du traitement : voir chapitre mises en garde.
Posologie :
- Aphtoses sévères notamment celles observées au cours des infections par le VIH et Infiltration lymphocytaire de la peau (maladie de Jessner-Kanoff) :
. Traitement d'attaque : 100-200 mg par jour pendant 1 mois.
. Traitement d'entretien : 50 mg/j souvent de façon intermittente et réitérée.
- Lupus érythémateux cutané ayant résisté aux traitements classiques :
. Traitement d'attaque : 100-200 mg par jour pendant 1 mois.
. Traitement d'entretien : 50 mg/j souvent de façon intermittente et réitérée.
- Myélome :
Il est conseillé de débuter le traitement par 200 mg/jour pendant 2 à 3 semaines. Si le pic du composant monoclonal commence à diminuer, il est possible de poursuivre le traitement à cette posologie en se guidant sur l'évolution du pic. En fonction de la tolérance au médicament, si le pic monoclonal reste stable ou ne baisse que très légèrement, il est possible d'augmenter la posologie jusqu'à 400 mg/jour.
- Réaction chronique du greffon contre l'hôte :
Posologie moyenne :
. chez l'adulte : 600-800 mg/j,
. chez l'enfant : 12 mg/kg/j.
Cette posologie doit permettre d'atteindre des taux plasmatiques efficaces de l'ordre de 5 mg/ml.
- Réactions lépreuses de type II au cours de la maladie de Hansen dont l'érythème noueux lépreux :
. Traitement d'attaque : 100 à 400 mg par jour en 2 prises jusqu'à sédation des symptômes.
. Traitement d'entretien : diminuer progressivement les doses jusqu'à la dose moyenne de 50 mg deux fois par semaine.
Mode d'administration :
- Avaler les gélules sans les ouvrir, avec un grand verre d'eau.
- En raison de la possibilité de somnolence, la prise se fera de préférence le soir, une heure avant le coucher.
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Contre indications
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CONTRE-INDIQUE :
- Hypersensibilité à la substance active ou à l'un des excipients de la gélule.
- Femmes enceintes ou susceptibles de procréer, en l'absence de moyens efficaces de contraception : la grossesse est une contre-indication absolue au traitement par le thalidomide qui est le médicament le plus tératogène actuellement connu. Ce traitement impose un moyen efficace de contraception. La survenue, en dépit des mesures contraceptives, d'une grossesse au cours d'un traitement par thalidomide comporte un risque élevé de malformations graves, environ 30% des grossesses exposées, telles que : ectromélie (amélie, phocomélie, hémimélie) des membres supérieurs et/ou inférieurs, microtie avec anomalie du conduit auditif externe (borgne ou absent), atteinte de l'oreille moyenne et interne (en fréquence moindre), atteinte oculaire (anophtalmie, microphtalmie), cardiopathies congénitales, anomalies rénales. D'autres anomalies sont décrites, leur fréquence est moindre. En cas de survenue d'une grossesse chez une femme traitée : le traitement doit être arrêté, la grossesse déclarée au Centre Régional de Pharmacovigilance et la patiente adressée à un médecin compétent en toxicologie du développement pour évaluation et conseil.
- Chez l'homme, tout rapport sexuel risquant d'induire une grossesse est contre-indiqué pendant la durée du traitement et pendant les 8 jours qui suivent l'arrêt du traitement.
- En l'absence de données sur le passage de thalidomide dans le sperme, aucun patient ne doit effectuer de don de sperme pendant toute la durée du traitement et pendant 8 jours après l'arrêt de celui-ci.
- En raison de la présence de thalidomide dans le sang, aucun patient, homme ou femme, ne doit effectuer de don de sang pendant toute la durée du traitement et pendant 8 jours après l'arrêt de celui-ci.
DECONSEILLE :
- Allaitement : l'allaitement est déconseillé pendant le traitement.
- Eviter la prise de boissons alcoolisées et de médicaments contenant de l'alcool.
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Effets indésirables
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- Effet tératogène (voir mises en garde - grossesse et allaitement) ;
- Neuropathies périphériques bilatérales et symétriques, d'abord sensitives puis plus tardivement motrices. Les territoires plus précocement touchés sont le nerf saphène externe et le médian. Elles surviennent le plus souvent entre 2 et 18 mois après le début du traitement, la réversibilité à l'arrêt du traitement est variable ;
- Effets sur le système nerveux central : somnolence et vertiges, céphalées, modification de l'humeur ;
- Accidents thrombo-emboliques essentiellement veineux (phlébites, embolies pulmonaires).
Ce risque reste faible (< 5%) quand thalidomide est utilisé seul, mais augmente lors de l'association avec de la dexaméthasone ou avec une chimiothérapie comprenant notamment de la doxorubicine (28%) ;
- Troubles digestifs : nausées, constipation ;
- Troubles de la libido ;
- Troubles divers : sécheresse cutanée, xérostomie, oedèmes des extrémités ;
- Eruptions maculopapuleuses rares ;
- Manifestations cutanées à type de syndromes de Lyell (voir mises en garde et précautions d'emploi).
- Hypotension orthostatique très rarement rapportée ;
- Neutropénie (voir mises en garde et précautions d'emploi).
Voir aussi les autres formes de Thalidomide Laphal...
THALIDOMIDE LAPHAL 50 mg Gélule Boîte de 100
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Cancer du sang : le retour gagnant du thalidomide Touchant près de 4 000 Français par an, le myélome multiple est un cancer incurable de la moelle osseuse. Alors que les traitements n’avaient guère connu d’améliorations majeures depuis une quarantaine d’années, un médicament au passé sulfureux marque un véritable tournant : le thalidomide ! Publicité Commercialisé dans les années 1950 contre les nausées du premier trimestre de grossesse, le thalidomide allait avoir des effets désastreux sur les enfants. Dans le monde, principalement en Europe et au Canada, cette molécule est responsable de dizaines de milliers de malformations, dont les plus fréquentes étaient les pieds et/ou les mains directement reliés au tronc (phocomélie). Testé depuis la fin des années 1990 dans le traitement du myélome multiple1,2, ce composé prouve aujourd’hui un indéniable intérêt ! Le point avec le Pr. Thierry Facon du service d’hématologie du CHRU de Lille. Une maladie incurableLe myélome multiple représente 10-12 % des cancers du sang (hémopathies malignes) et 1 % de l’ensemble des cancers. Ce cancer du sang voit des cellules du plasma devenues malignes produites en trop grande quantité dans la moelle osseuse, tissu à l’intérieur des os qui fabrique tous les globules sanguins. L’explosion de ces cellules cancéreuses entraîne une diminution de la production des globules rouges et blancs normaux. Ainsi, le myélome peut se traduire par de nombreuses anomalies osseuses, que l’on peut observer par radiographie. Il peut également se propager ailleurs dans l’organisme pour produire d’autres tumeurs. Cette maladie frappe en moyenne à l’âge de 65 ans. Comment la diagnostique-t-on ? Le Dr Facon nous décrit les symptômes "Ce sont principalement des douleurs osseuses, des fractures causées par des efforts mineurs, de la fatigue et des anémies, des infections sévères à répétition témoignant de la baisse des défenses immunitaires, une insuffisance rénale – déjà présente chez 20 % des patients lors du diagnostic, un taux élevé de calcium dans le sang entraînant soif, nausées, vomissements, confusion et constipation". Capable d’évoluer différemment d’un patient à l’autre, cette maladie reste incurable. Deux ans gagnés sur la maladie !Pour lutter contre ce cancer, la prise en charge diffère en fonction de l’âge des patients. "Après 65 ans, le traitement standard repose sur l’association de deux médicaments le melphalan et le prednisone3. Avant 65 ans, un traitement associant de fortes doses de melphalan et des autogreffes de cellules souches sanguines permet d’obtenir de meilleurs résultats4,5. Mais ce traitement lourd n’est donc pas accessible à la moitié des patients…" nous précise le Pr. Facon. Globalement, les traitements du myélome multiple n’ont pas connu d’améliorations majeures depuis une quarantaine d’années. Mais l’étude6 présentée par le Pr. Thierry Facon lors du congrès 2006 de la société américaine du cancer (ASCO) marque un véritable tournant ! 450 patients de plus de 65 ans ont reçu soit le traitement standard (melphalan+prednisone en douze cures), soit le traitement associant de fortes doses de melphalan et des autogreffes, soit une association du traitement standard plus thalidomide (jusqu’à 400 mg par jour). "Après un suivi moyen de trois ans, les patients bénéficiant de la thalidomide ont vu leur survie globale atteindre 54 mois contre 32 mois pour le traitement standard ! De plus, la progression du cancer a été stoppée pendant 28 mois contre 18 pour le traitement standard" s’enthousiasme le Pr. Facon. La solution proposant des autogreffes n’a globalement pas présenté de bénéfices très significatifs par rapport au traitement standard.
Voir aussi nos dossiers : A chaque cancer, son traitement
Cancer du sang : le retour gagnant du thalidomide (Page 2 sur 2) Seul bémol, les effets secondaires sont plus importants dans le groupe traités par Thalidomide : plus d’accidents thrombo-emboliques et plus de neuropathies. "Mais plusieurs pistes devraient permettre de limiter cette toxicité en abaissant la dose de thalidomide sans altérer l’efficacité7, en fluidifiant le sang grâce à des héparines de bas poids moléculaire, de l’aspirine ou des anti-vitamines K notamment8…" tempère le Pr. Facon. Une mise à disposition qui pose problème…Commercialisé par deux laboratoires (Celgene aux Etats-Unis et Pharmion en Europe), la thalidomide vient d’être approuvé par les autorités américaines (la Food and Drug Administration) en association avec la dexaméthasone pour le traitement du myélome multiple nouvellement diagnostiqué9. Une autorisation que devraient suivre les autorités européennes. En France, le thalidomide est actuellement disponible uniquement pour les myélomes multiples rechutant avec le traitement standard10. Des discussions avec l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé seraient actuellement en cours et pourraient déboucher sur une mise à disposition de l’association melphalan+prednisone+thalidomide aux patients atteints de myélome multiple. Le bénéfice serait pour eux loin d’être négligeable. "Nos résultats devraient aujourd’hui faire de cette association le traitement de référence pour ces malades. De nouveaux composés et de nouvelles associations, avec notamment le bortezomib (Velcade®)11 ou le lenalidomide (un composé proche de la thalidomide baptisé Revlimide®)12, pourraient prochainement améliorer encore les résultats. L’objectif est de pourvoir demain guérir le myélome multiple" conclut le Pr. Facon. David Bême 1 - Blood. 2002 Jun 15;99(12):4525-30.
Un retour prometteur pour la thalidomide 06 avril 2010
cp_thalidomide_06avr10 (123,4 ko)
La thalidomide, médicament au passé sulfureux, a cependant pu être progressivement réintroduite sur le marché pour le traitement de quelques pathologies. Des travaux, réalisés par Franck Lebrin et ses collaborateurs (Unité Inserm 833 "Angiogenèse embryonnaire et pathologique"), ont permis d'identifier une nouvelle cible d'action pour ce médicament : les cellules dites murales, que l’on retrouve autour des vaisseaux sanguins. L’étude clinique, réalisée sur 7 patients souffrant d’hémorragies vasculaires spécifiques, a démontré que l’administration orale de thalidomide réduit fortement les nuisances liées à la maladie. Leurs résultats paraîtront cette semaine sur le site de Nature Medicine. Un médicament qui défrayait la chronique il y a 50 ans est aujourd’hui source d’espoir pour contrôler la croissance des vaisseaux sanguins, facteur clé de l’extension des tumeurs et de la propagation des métastases cancéreuses. Il était prescrit notamment contre les nausées du premier trimestre de grossesse. Largement utilisée, la thalidomide s’est révélée avoir de terribles effets sur l’embryon. Des dizaines de milliers d’enfants présentèrent de lourdes malformations à la naissance (bras et jambes absents ou atrophiés). De premières observations dramatiques ont alarmé la communauté médicale et le médicament fut donc retiré du marché en 1961, lorsque ses effets délétères sur le développement du fœtus humain devinrent évidents. Une renaissance sous surveillance Cependant, la découverte de propriétés pharmacologiques originales, en particulier comme modulateur du système immunitaire, de l’inflammation et comme inhibiteur de la croissance des vaisseaux sanguins -ou angiogenèse -a conduit à reconsidérer l’intérêt de cette molécule dans certaines pathologies. Depuis quelques années, des études strictement encadrées sur le plan pharmacologique et toxicologique ont permis de montrer son efficacité dans le traitement des myélomes multiples, de la lèpre et du lupus érythémateux disséminé. En France, la thalidomide est actuellement utilisée à l’hôpital pour soigner le myélome multiple. Par ailleurs, elle trouve des indications pour le traitement de maladies inflammatoires et hémorragiques comme la maladie de Crohn et pour quelques pathologies dermatologiques (aphtose sévère). Plus de 50 essais cliniques sont actuellement en cours dans le monde pour valider l’intérêt de la thalidomide dans le traitement des tumeurs solides (1). Depuis la fin des années 90 l’effet inhibiteur de la thalidomide sur la croissance des vaisseaux sanguins est reconnu. En 2004, une étude avait montré ses effets bénéfiques de la thalidomide dans le traitement des saignements récurrents et sévères du tube digestif. Forts de ces constatations, les chercheurs de l’Inserm ont suggéré que la thalidomide peut corriger les symptômes de la maladie de Rendu-Osler (MRO). Cette maladie génétique rare, sans possibilité de traitement, est caractérisée par un défaut de communication entre les cellules endothéliales et les cellules murales au sein des vaisseaux sanguins. Fragilisés, les vaisseaux saignent en réponse à de légers traumatismes et la maladie se manifeste par des saignements répétés et spontanés au niveau du nez et du tube digestif, jusqu’à 30 fois par semaine. Retour sur l’anatomie des vaisseaux sanguins© F. Lebrin / Inserm 833 Retour sur l'anatomie des vaisseaux sanguins Ils sont constitués de cellules endothéliales qui délimitent les contours du tube. D’autres cellules, dites murales, forment une seconde couche. Ces dernières sont capitales pour la formation, la stabilisation et la fonction du vaisseau sanguin. La thalidomide compense les défauts de communication cellulaire Les chercheurs ont suivi 7 patients atteints de MRO, âgés de 48 à 75 ans. Ils ont observé que l’administration orale quotidienne de 100 mg de thalidomide réduit fortement la fréquence et la durée des saignements de nez et permet d’éviter le recours à des transfusions sanguines pour pallier les anémies chez ces personnes (suivi de 6 mois à 5 ans). Cette étude a permis de détailler plus précisément le fonctionnement du médicament. Alors qu’on considérait la thalidomide comme un simple "bloqueur" de la formation des vaisseaux, les résultats des chercheurs montrent qu’elle stimule, en fait, le recouvrement des vaisseaux sanguins par les cellules murales. Ce processus correspond à la maturation vasculaire. © F. Lebrin / Inserm 833 La thalidomide restaure les déficits en recouvrement dans les vaisseaux sanguins observés dans les modèles murins MRO. Sous thalidomide, l’interaction entre les cellules endothéliales et les cellules murales apparaît comme favorisée, contrôlant la densité du réseau vasculaire, le diamètre et la perméabilité des vaisseaux sanguins. In fine, la thalidomide, grâce à ses propriétés de stabilisation du réseau vasculaire, réduit les saignements associés aux malformations vasculaires spécifiques de la MRO. Pour Franck Lebrin, "ces résultats doivent encore être confirmés dans un essai à plus large échelle, mais ils ouvrent des perspectives importantes dans le traitement des malformations vasculaires héréditaires par un ciblage des cellules murales. Ces nouvelles données suggèrent également que ce médicament pourrait agir sur le développement tumoral en stimulant la maturation du réseau vasculaire, un facteur qui semble favoriser la colonisation des tumeurs par les lymphocytes T tueurs capables de la détruire, la thalidomide étant également connue pour stimuler l’activité de ces lymphocytes T". L’identification de ce nouveau mode d’action de la thalidomide pourrait donc aussi permettre de redorer quelque peu le blason du médicament, selon le chercheur. Ces travaux ont été financés par la Fondation pour la Recherche Médicale (FRM), la Fondation Bettencourt, l’Association pour la Recherche sur le Cancer (ARC), le Netherlands Heart Foundation, the British Heart Foundation, the EU, SWORO and the BSIK program "Dutch Platform for Tissue Engineering" and HHT Foundation International.
(1) On parle de tumeur solide par opposition aux cancers qui affectent les cellules sanguines, par exemple cancer du sein, du poumon, de la prostate… Retour à la liste des communiqués de la thématique En savoir plus Source "Thalidomide stimulates vessel maturation and reduces epistaxis in individuals with hereditary hemorrhagic telangiectasia" (1) Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale U833, Collège de France, Paris, France Advance Online Publication on Nature Medicine's website on 04 April 2010
Contact chercheur Franck Lebrin Contact presse Tél. : 01.44.23.60.98
INSERM : http://www.inserm.fr/espace-journalistes/un-retour-prometteur-pour-la-thalidomide
PHOTO 1 :
PHOTO 2 :
THALIDOMIDE LAPHAL 50mg G FABRICATION SUPPRIMEE : http://www.pharmaxie.com/p307s4prod4840/Fiche-medicament/Thalidomide-laphal-50mg-g-5891110.html
AFFSAPS OCTOBRE 2009 :
THALIDOMIDE LAPHAL ONCODOCS : http://oncodocs.fr/fiches/thalidomide.pdf
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