Césarienne 2

Publié le par SanteFemme

La césarienne : pourquoi, comment ?

 

Lorsque l’accouchement ne se passe pas comme prévu, qu’il présente un risque pour la mère ou pour le bébé, la césarienne est parfois incontournable. Aujourd’hui bien maîtrisée, cette opération présente peu de risque. A tel point que certains dénoncent une hausse de césariennes "de confort". Le point sur cette méthode d’accouchement particulière.

SOMMAIRE

1. Césarienne, forceps... que recouvrent ces techniques ?

Vous avez attendu ce moment pendant 9 mois. Vous vous êtes demandé si vous sauriez ressentir les "vraies" contractions et partir à temps à la maternité, vous avez lu de nombreux témoignages, écouté avec réserve les récits des unes et des autres… Si votre accouchement ne se déroule pas exactement comme vous l’aviez imaginé, ne paniquez pas pour autant.

2. La césarienne : pour qui, pour quoi ?

Lors de l’accouchement, la césarienne est indiquée s’il y a un obstacle au passage de l’enfant par "voie basse", lorsqu’il faut interrompre la grossesse avant terme ou lorsque la vie du bébé est menacée. Découvrez les principales causes du recours à une césarienne, ainsi qu’une description de cette intervention chirurgicale et de ses conséquences.

3. Trop de césariennes en France !

Les césariennes ont régulièrement augmenté dans tous les pays développés. En France, un enfant sur cinq naît aujourd’hui grâce à cette technique. Quelles sont les raisons de cette augmentation ? Le bénéfice de cette opération est-il réel par rapport aux risques ? Etat des lieux.

Le taux de césariennes par maternité

Grâce a notre guide des maternités, découvrez le taux de césarienne de chaque établissement :

http://www.doctissimo.fr/html/grossesse/accouchement/accouchement-cesarienne.htm

 

 

Allergies : la césarienne joue-t-elle un rôle ?

Comment se remettre d'une césarienne ?

Forum Accouchement
Forum Préparation à l'accouchement
Forum Césarienne

Dossier mis à jour le 13 février 2012

 

 

1. Forceps, césarienne... que recouvrent ces techniques ?

Vous avez attendu ce moment pendant 9 mois. Vous vous êtes demandé si vous sauriez ressentir les "vraies" contractions et partir à temps à la maternité, vous avez lu de nombreux témoignages, écouté avec réserve les récits des unes et des autres… Si votre accouchement ne se déroule pas exactement comme vous l’aviez imaginé, ne paniquez pas pour autant.

Accouchement déclenché, forceps, césarienne… que recouvrent ces techniques ? Ce qu’il faut savoir.

Les extractions instrumentales

Parfois, le bébé supporte mal la phase d’expulsion, ou bien la maman est épuisée et les efforts de poussée sont insuffisants. Lors du premier accouchement notamment, il arrive que les efforts maternels soient insuffisants pour faire naître bébé.

 Dans toutes ces situations, on utilise des instruments pour aider à la naissance de bébé d’où le terme d’extractions instrumentales.

Il existe plusieurs types d’appareil. On ne les utilise que quand le bébé est suffisamment descendu dans le bassin (on dit qu’il est "engagé") et que la présentation du bébé est connue. L’épisiotomie (incision du périnée pour empêcher une déchirure spontanée) est alors quasiment systématique et l’accouchement est réalisé par un obstétricien.


Ces accouchements sont réalisés sous anesthésie (locale, péridurale ou générale).

  • Les forceps : du latin forceps qui signifie pince. Il en existe plusieurs types. Il s’agit de deux cuillères que l’on applique doucement autour de la tête du bébé. Ces cuillères sont reliés à des manches que l’on réunit pour pouvoir ensuite tirer et diriger la bébé vers la sortie ;
  • Les ventouses obstétricales : il s’agit d’une ventouse métallique ou plastique reliée à un système aspiratif que l’on applique sur le sommet du crâne du bébé. Une chaînette permet de diriger bébé vers la sortie ;
  • Les spatules :elles ressemblent beaucoup au forceps mais les deux manches sont indépendants et peuvent être maniés séparément.

L’ocytocine

L’ocytocine ou Syntocinon* est un produit médicamenteux donnant et/ou renforçant les contractions. Il s’agit de la même molécule qui induit les contractions lors d’un accouchement spontané et naturel.

On l’utilise :

  • Pour déclencher l’accouchement lorsque le col de l’utérus est suffisamment ouvert ;
  • Pour renforcer les contractions si nécessaire, notamment lorsqu’il faut hâter la naissance ;
  • Pour faire contracter l’utérus après l’accouchement afin de limiter ou arrêter un saignement.

La césarienne

Il s’agit d’une véritable intervention chirurgicale permettant la naissance du bébé.

Les indications sont très variables :

  • Césarienne prévue et programmée :bassin étroit, présentation du bébé par le siège, gros bébé, utérus cicatriciel…
  • Césarienne en urgence :elle est secondaire à une difficulté de l’accouchement par les voies naturelles. Les causes sont nombreuses et plus ou moins urgentes.

La césarienne se fait généralement sous anesthésie loco-régionale (péridurale ou rachi-anesthésie), plus rarement sous anesthésie générale. Elle est réalisée au bloc opératoire.

L’incision est horizontale et au ras des poils pubiens dans l’immense majorité des cas.

Une césarienne dure 50 minutes environ (2 à 10 minutes pour faire naître le bébé, 40 minutes pour tout recoudre). Pour sortir le bébé, il faut inciser tous les plans anatomiques jusqu’à l’utérus. La durée moyenne d’hospitalisation est de 1 semaine.

Dr Joël Agénor - Mis à jour le 14 août 2009

Les accouchements déclenchés
La péridurale :la piqûre anti-douleur

Forum Déclenchement
Forum Accouchement
Forum Césarienne
Forum Forceps

 

 

 

2. La césarienne : pour qui, pour quoi ?

Lors de l’accouchement, la césarienne est indiquée s’il y a un obstacle au passage de l’enfant par "voie basse", lorsqu’il faut interrompre la grossesse avant terme ou lorsque la vie du bébé est menacée. Découvrez les principales causes du recours à une césarienne, ainsi qu’une description de cette intervention chirurgicale et de ses conséquences.

Quand doit-on avoir recours à une césarienne ?

Cette opération est pratiquée dans certaines conditions pour la sécurité de la mère et de l’enfant. Généralement, elle intervient lorsqu’il y a impossibilité d’un accouchement par voie basse, c’est à dire par les voies naturelles :

 

  •  
  • en cas de disproportion entre le bassin et la taille de l’enfant : si les dimensions du bassin de la mère sont insuffisantes ou si l’enfant présente un volume trop important,
  • si le bébé se présente en mauvaise position (présentation du front ou transversale, voire dans certains cas présentation du siège entraînant trop de complications),
  • dans le cas d’un enfant prématuré (d’un poids trop faible – hypotrophie), qui souffrirait d’un accouchement par les voies naturelles,
  • si le col reste insuffisamment dilaté malgré l’augmentation des contractions et l’emploi de médicaments dilatateurs,
  • si la mère présente un fibrome, un kyste ovarien ou un placenta praevia (placenta recouvrant interdisant le passage du foetus par voie basse)

La césarienne est également pratiquée lorsque l’accouchement ne doit pas être effectuée par les voies naturelles, ou lorsque la grossesse doit être interrompue avant terme, pour des raisons de sécurité pour l’enfant ou la mère :

  • en cas d’hémorragie maternelle,
  • en cas de souffrance foetale trop importante,
  • lors de naissance multiple : plus de deux enfants,
  • si la mère est malade,
  • en cas d’incompatibilité de rhésus,
  • si la mère, trop fatiguée ou présentant des affections cardiovasculaires importantes, n’est plus à même de mener l’accouchement à son terme, et si la poursuite du travail représente un danger pour la vie de l’enfant.

Selon les cas, la césarienne peut être programmée dès la fin de la grossesse ou décidé au cours de l’accouchement. Si une anesthésie par péridurale est déjà administrée à la patiente, aucun autre mode d’anesthésie ne sera nécessaire pour recourir à une césarienne en cours d’accouchement (cf. fiche péridurale).

 

Une césarienne doit-elle obligatoirement succéder à une autre ?

Si la césarienne a été indiquée pour une cause permanente (comme un bassin trop étroit), alors une nouvelle césarienne sera nécessaire pour un prochain accouchement.

En revanche, si le premier recours à une césarienne a été motivé par des causes accidentelles (hémorragie, souffrance foetale, présentation par le siège qui n’est pas lié à une malformation utérine, etc.), il n’est pas obligatoire de devoir recourir à une nouvelle césarienne.

Il faut cependant noter qu’une césarienne antérieure augmente le risque d’un nouveau recours à cette pratique pour une raison principale : la cicatrice de la première opération peut se rompre sous l’effet des contractions utérines et ainsi exposer la mère et l’enfant à des complications très importantes.

Une intervention chirurgicale

Se déroulant au bloc opératoire, cette intervention chirurgicale consiste à inciser l’abdomen puis l’utérus pour faciliter la mise au monde. Dans un premier temps, les poils pubiens sont rasés, puis une sonde urinaire est posée pour vider la vessie évitant ainsi un risque de perforation lors de l’incision. La peau est soigneusement désinfectée. Le médecin peut inciser dans un premier temps la peau horizontalement, puis les muscles et enfin la paroi abdominale et l’utérus. Le bébé est extrait par l’ouverture pratiquée généralement de manière transversale juste au-dessus du pubis. L’incision par médiane (verticale), plus rare, s’applique dans le cas de femmes fortes ou d’une nécessité d’extraire rapidement le bébé.

Juste après l’extraction de l’enfant, le chirurgien retire le placenta. Ensuite la plaie est suturée avec du fil ou des agrafes, qui seront retirées 5 à 7 jours plus tard. La durée de l’intervention varie de 1h30 à 15 mn avec les dernières techniques. Le type d’anesthésie le plus approprié est la péridurale. Privant la mère d’assister à l’accouchement et impliquant des effets postopératoires plus importants, l’anesthésie générale n’est plus pratiquée que dans les cas où la nécessité d’une anesthésie se fait immédiate (l’effet de la péridurale est décalé de 10 à 15 minutes).

Conséquences après l’accouchement

La fatigue occasionnée par l’opération s’ajoute à celle de l’accouchement. La montée de lait peut être un peu plus tardive du fait de cette fatigue supplémentaire. La cicatrisation peut être douloureuse, surtout à l’occasion des contractions de l’après-naissance. Des douleurs abdominales peuvent accompagner la reprise du transit intestinal. Dans ces cas un régime spécial peut être envisagé. Le préjudice esthétique est très faible car l’incision sera cachée par les poils pubiens, il conviendra cependant de ne pas l’exposer au soleil avant plusieurs mois. Si pour le bébé l’accouchement par césarienne est moins dangereux que l’accouchement naturel, c’est l’inverse qui se produit pour la mère. En effet, les complications infectieuses sont trois fois plus fréquentes que lors d’un accouchement naturel. Des risques de phlébite, d’embolie pulmonaire et d’hémorragies tardives bien qu’exceptionnelles peuvent apparaître. Le recours à la césarienne peut handicaper les premiers stades émotionnels de la relation entre la mère et l’enfant. Enfin, bien que très faible, le taux de mortalité des femmes pendant l’accouchement avec césarienne serait de quatre à cinq fois plus important lors d’un accouchement par les voies naturelles Ainsi, il convient de limiter l’utilisation d’une telle opération à des accouchements pathologiques.

En 1997, une publication conjointe de l’Unicef (Fond des Nations Unies pour l’enfance), l’OMS (Organisation mondiale de la santé)et l’UNFPA (Fond des Nations Unies pour la population) (Guidelines for Monitoring the Availability and Use of Obstetric Services, October 1997) indique qu’une limite maximale de 15 % du taux de césarienne doit être respectée. Au-delà de ce chiffre, le recours à la césarienne est jugé comme abusif et aurait un impact plus négatif que positif, si l’on considère les risques de cette opération.

L’augmentation de ces chiffres depuis une vingtaine d’années peut s’expliquer, en partie, par les progrès de la médecine chirurgicale et anesthésique, une augmentation du nombre des grossesses à risque (intervenant plus tard chez la femme) et une meilleure prise en compte de la souffrance foetale grâce au monitoring.

Malgré ces conditions, les experts s’accordent aujourd’hui à considérer des taux de césarienne supérieurs à 25 % comme anormaux. Or de nombreuses maternités dépassent aujourd’hui ce chiffre. Découvrez sur notre guide des maternités le taux exact de césariennes par établissement. 

David Bême - Mis à jour le 18 janvier 2012

* Le palmarès des maternités (Le Figaro Magazine du 29 janvier 2000)

Forum Accouchement
Forum Césarienne
Forum Déclenchement

 

 

3. Trop de césariennes en France !

Les césariennes ont régulièrement augmenté dans tous les pays développés. En France, un enfant sur cinq naît aujourd’hui grâce à cette technique. Quelles sont les raisons de cette augmentation ? Le bénéfice de cette opération est-il réel par rapport aux risques ? Etat des lieux.

CésarienneSelon l’Institut de Veille sanitaire1, le nombre de césariennes a doublé en France en 25 ans. Il est passé de 10,8 % en moyenne en 1981 a près de 21,1 % en 2003. Cette augmentation pose bien sûr la question de la pertinence de cet acte. Y-a -t-il une hausse des grossesses à risque (liée par exemple à l'age de la mère) ou est-ce devenu une opération de confort, que ce soit pour le service médical ou parfois à la demande des parents ?

Une amélioration ?

Pour les Dr Capelle, Agostini, Bretelle et Blanc de Marseille2, l’augmentation des césariennes entre 1970 et 1990 était corrélée à une baisse la mortalité maternelle et des problèmes liés à la naissance (mais d’autres facteurs entrent en jeu, tel que l’amélioration globale des soins). Mais depuis, la hausse n’est pas corrélée à une diminution des taux de mortalité ou des admissions en réanimation néonatale.

Les raisons de la césarienne

Alors pourquoi cette augmentation des césariennes si elles ne sont pas justifiées ? Pour les obstétriciens, il s’agit souvent d’une application du fameux principe de précaution. Les maternités ne veulent plus prendre de risque avec des grossesses potentiellement dangereuses : présentation par le siège, utérus cicatriciel (antécédents de césarienne notamment), grossesse multiple… Les établissements veulent par la même se protéger de tout risque de procès. Et la césarienne permet un gain de temps et une gestion plus simple des locaux et des équipes… Certains parlent même de gain économique pour certaines cliniques, une césarienne étant facturée plus cher qu’un accouchement par voie basse à la sécurité sociale.

Les demandes des patientes

Mais parfois, la demande émane des patientes elles-mêmes, qui souhaitent préserver leur sphère génitale, par peur des déformations, de l’épisiotomie ou des risques d’incontinence. C'est le cas par exemple sur notre forum césarienne, ou Roxynini souhaite une césarienne pour son accouchement, notamment par "peur de ne pas être capable de pousser et peur d'être déchirée par un accouchement naturel". Mais la réponse de Mapple2 remet un peu les pendules à l’heure : "Pour avoir vécu les deux, une belle césarienne et un bel accouchement voie basse, il n’y a pas photo, la voie basse est beaucoup moins "traumatisante" pour le corps, on s'en remet beaucoup plus vite, moins de fatigue, de douleurs, de contraintes... Je crois Roxynini que tu idéalises la césarienne. C'est une opération faite pour sauver des vies, pas pour arranger les gens... Ce n'est pas une chirurgie esthétique !".

La césarienne, pas anodine !

Si la césarienne n’a plus forcément d’impact positif, elle peut même devenir un facteur de risque supplémentaire. L’étude menée par l’InVS1 a montré que le risque de mort maternelle, certes faible, est multiplié par 3,5 en cas de césarienne. Et l’étude souligne que le risque est le même qu’il s’agisse d’une césarienne programmée à l’avance ou d’une opération d’urgence lors de l’accouchement ! En cause : les thromboses et autres accidents veineux, les infections et les risques liés à l’anesthésie. La césarienne présente ainsi les risques inhérents à toute opération de chirurgie abdominale.

Pour connaître le taux de césarienne de chaque maternité, vous pouvez utiliser notre guide :

Alain Sousa
Mis à jour le 5 janvier 2011

1 - Bulletin Epidemiologique Hebdomadaire n°50, édité par l’Institut de veille sanitaire, 12 décembre 2006
2 - 34e Journées de Gynécologie Obstétrique et fertilité, 10 et 11 novembre 2006.

L’association Césarine, de mamans concernées par la césarienne
http://www.cesarine.org/

Forum Déclenchement

Vous redoutez la césarienne, ou vous avez vécu cette opération ? Venez en parler sur nos forums

Publicité

Publié dans Urgence

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article