La grossesse
CYCLES DE LA VIE – REPRODUCTION
LA GROSSESSE
LA VIE AVANT LA NAISSANCE
La grossesse est un état physiologique au cours duquel un embryon, qui deviendra fœtus, se développe dans le corps de la mère, depuis la conception jusqu’à la naissance. Pendant cette période de 9 mois environ (270 à 280 jours), la femme est enceinte ou en gestation.
DE L’EMBRYON AU NOUVEAU-NE
-Jour J du bébé : la fécondation
La fécondation est la rencontre de l’ovocyte (« ovule ») et du spermatozoide ; elle a lieu dans le tiers externe de la trompe de Fallope. Un œuf, appelé zygote, est ainsi créé. C’est la première cellule du bébé, qui contient tous les chromosomes paternels et maternels dans lesquels sont inscrits toutes les caractéristiques du futur enfant. Dès cet instant, ses gènes, son sexe, ses traits sont définis.
-1ère semaine
L’œuf se déplace vers la cavité utérine pendant 3 jours. Au cours de son déplacement, l’œuf va se diviser en de nombreuses cellules : celles du centre deviendront le bouton embryonnaire alors que celles de la périphérie, plus petites, formeront une enveloppe, le futur placenta, pour le protéger. L’œuf arrive enfin dans l’utérus le 4è ou 5è jour.
-2ème semaine
Sept jours après la fécondation, l’œuf commence à pénétrer totalement dans la muqueuse utérine. Il a maintenant besoin d’échanger avec sa mère pour se nourrir, recevoir de l’oxygène et rejeter ses déchets. Le placenta va jouer un rôle essentiel dans la nutrition du bébé, via le sang de la mère et celui de l’embryon sans qu’il y ait de communication directe entre les deux, chacun étant séparé par une membrane. Le cordon ombilical va se former pour relier le fœtus au placenta et la cavité amniotique (poche des eaux) dans laquelle va flotter le bébé.
-3ème semaine
Semaine capitale, puisque l’œuf devient un embryon qui a des battements cardiaques. Il passe de 0,2 mm à 1,5 mm. La maman doit, à ce stade, faire attention à ce qu’elle consomme et notamment ne pas boire d’alcool ni fumer.
-4ème semaine
L’embryon mesure à la fin du mois 5 mm. Il n’a pas encore figure humaine, mais apparaissent les bourgeons de certains membres (bras) et certains organes sont ébauchés (intestins).
-2ème mois
Sa taille va passer de 5 mm à 3 cm. Le cœur prend sa forme définitive. Le système nerveux, la moelle épinière, les muscles se développent, le visage se forme avec bouche, oreille et yeux, les doigts aussi. A la fin du mois, on ne parle plus d’embryon mais de fœtus. La mère peut avoir des nausées, des vomissements, surtout le matin.
-3ème mois
C’est un petit bonhomme avec une grosse tête, des bras et des jambes et presque tous les organes internes ; les organes sexuels se différencient. Le bébé commence à bouger très lentement, il mesure 10 cm et pèse environ 45 g à la fin du mois.
-4ème mois
Ce mois-ci, le bébé va beaucoup grossir, il pèse 200 g mais ne mesure que 15 cm. Au début, ses organes travaillaient seuls, maintenant, ils vont apprendre à œuvrer de concert pour former l’organisme. La longue maturation du bébé commence.
-5ème mois
C’est le mois du mouvement, des galipettes, le fœtus se sent à l’aise dans sa « piscine ». Et pour cause, une dizaine de milliards de cellules nerveuses sont en train de se raccorder les unes aux autres pour former le cerveau. Le fœtus pèse 500 g et mesure 25 cm.
-6ème mois
Le fœtus voit, entend la voix de sa mère, bouge, goûte et répond aux sollicitations. C’est devenu une petite personne qui pèse 1 kg et mesure 31 cm.
-7ème mois
Le bébé est viable, mais s’il naissait maintenant ce serait un grand prématuré. Il perçoit les sons et les sensations (les émotions de sa mère notamment). Il mesure 40 cm et pèse 1,8 kg.
-8ème mois
Habituellement le bébé se positionne tête en bas et fesses en haut. Il va prendre du poids : 250 g environ par semaine ; il mesure 45 cm ; ses poumons deviennent totalement matures ; ses principaux organes sont prêts à fonctionner ou fonctionnent déjà.
-9ème mois
Le dernier mois est consacré au perfectionnement du corps. Il a hâte de sortir car son espace de vie est de plus en plus étroit.
SCHEMA : LES ECHANGES PLACENTAIRES
Cordon ombilical
Zone d’échanges
Vaisseaux maternels
Paroi de l’utérus
SCHEMA : FŒTUS A MATURITE
Liquide amniotique
Placenta
Utérus
MODIFICATION NORMALES CHEZ LA MERE
-La grossesse n’est pas une maladie, mais elle s’accompagne de modifications dans l’organisme de la mère. Les règles disparaissent, c’est le signe capital. Le poids augmente du fait de la présence de l’enfant mais aussi du liquide l’entourant (liquide amniotique) et de l’adaptation des tissus sous l’effet des hormones (nausées et vomissements). Les seins augmentent de volume. Des taches peuvent apparaître sur le visage ou sur le front. Les examens de sang montrent des modifications qui ne doivent pas inquiéter (augmentation des globules blancs et du sodium, par exemple), ou une accélération de la vitesse de sédimentation.
DUREE
-Il existe plusieurs conventions pour décrire la durée de la grossesse. La durée vraie est celle qui sépare la fécondation de l’ovule par le spermatozoide. Si l’ovulation a lieu en moyenne au 14è jour après le début des règles précédentes, la durée de grossesse est la plupart du temps de 39 semaines. Mais la date d’ovulation n’est jamais certaine car la durée des cycles est variable selon les femmes. Il est donc moins risqué de compter à partir de la date du premier jour des dernières règles (cette date est facilement repérable pour la future mère) et l’accouchement survient, habituellement, au bout de 41 semaines d’aménorrhée (SA). Le terme est dit dépassé au-delà de 42 SA. A l’inverse, il y a prématurité en cas de naissance entre 28 et 38 SA.
PRISE EN CHARGE
-En France, en 2007, les femmes enceintes sont prises en charge par l’assurance maladie. Toutefois, cette prise en charge est conditionnée par le respect de certaines étapes à réaliser dans les temps imposés. La déclaration de grossesse doit être effectuée à la CPAM et à la CAF à la suite d’un examen médical, obligatoire avant la fin du 3è mois. Par la suite, 7 consultations sont obligatoires (tous les mois jusqu’au 9è). Trois échographies doivent être pratiquées, impérativement, entre 11 et 13 SA, entre 20 et 22 SA et enfin entre 31 et 32 SA.
TERME
-Lorsque le fœtus atteint son développement normal, il est dit « à terme ». Il pèse en moyenne 3 250 g et mesure 50 cm. Il a des cheveux (plus ou moins longs) et des ongles. Son corps est enduit d’une couche grasse.
GRANDES PHASES DE L’ACCOUCHEMENT
-L’accouchement débute par le « travail ». Son mécanisme n’est pas totalement expliqué mais les produits secrétés pendant la grossesse (hormones), sous contrôle d’une partie du cerveau de la mère, ont un rôle important. Les contractions utérines ressenties par la mère vont aboutir à l’ouverture du col de l’utérus puis à la descente du fœtus en dehors des voies génitales aboutissant à la naissance proprement dite. Une phase de délivrance, c’est-à-dire d’expulsion du placenta et de membranes va terminer l’accouchement.
ANNEXES
LA DUREE DE GESTATION SELON L’ESPECE
La durée de gestation est variable selon les espèces. Globalement, elle semble d’autant plus courte que l’animal est petit. Elle va de 20 à 25 jours chez la souris à 620 jours (22 mois) chez l’éléphante en passant par 63 jours chez la chienne et 365 jours chez la femelle cachalot. Il existe cependant des exceptions.
LES DIFFERENTES PRESENTATIONS DU FŒTUS
Pendant l’accouchement, le fœtus doit s’adapter aux conduits qu’il doit traverser avant d’être expulsé. Le bassin de la femme étant relativement exigu, il est indispensable pour que la descente s’effectue facilement, que le fœtus soit bien situé. La position du fœtus à l’entrée du bassin de sa mère définit la présentation. Les présentations par la tête ou par le siège (les fesses du fœtus) sont les plus fréquentes. En travers, le fœtus ne pet franchir le bassin : cette situation est exceptionnelle actuellement en raison de la surveillance précise des grossesses.
Présentation du fœtus normale
Présentation du fœtus par le siège
LA GROSSESSE GEMELLAIRE
La grossesse gémellaire qui correspond au développement simultané de deux fœtus dans la cavité utérine, constitue une anomalie (ce qui ne signifie pas maladie).
Sa fréquence varie de 0,7 à 4 grossesse sur 100, selon l’âge et l’origine ethnique. Deux situations sont possibles. Soit il s’agit de deux fœtus issus du même ovule initial (25% des cas) : ce sont des jumeaux vrais dits monozygotes, qui ont obligatoirement les mêmes caractéristiques génétiques, en particulier le même sexe. Soit les deux fœtus sont le résultat d’ovules fécondés séparément par des spermatozoides distincts (75% des cas). La double fécondation a lieu habituellement pendant le même rapport mais peut aussi résulter de deux rapports pendant le même cycle. Par ailleurs, la fréquence des grossesses multiples augmente en raison des aides à la procréation.
CYCLES DE LA VIE – REPRODUCTION
LA GROSSESSE
UNE PERIODE A RISQUES CONTROLES
La grossesse n’est pas une maladie, mais c’est une période qui exige une surveillance médicale étroite. L’embryon puis le fœtus peuvent ne pas se développer normalement, des affections habituellement bénignes peuvent se révéler graves pour le futur bébé et des troubles, liés aux bouleversements qui se produisent dans l’organisme maternel, peuvent apparaître.
FACTEURS DE RISQUES
Ils sont de nature très différente :
-L’âge
Une grossesse précoce, tardive ou multiple est d’emblée considérée comme à risque.
-Les antécédents médicaux
Les femmes souffrant de maladies chroniques (diabète, épilepsie…) exigent un suivi particulier.
-La contamination
Des maladies peuvent survenir indépendamment de la grossesse (infections, par exemple), ou être liées aux modifications anatomiques, physiologiques ou métaboliques de l’organisme maternel (diabète gestationnel, hypertension gravidique). Dans les deux cas, les conséquences peuvent être graves pour le futur bébé et pour la mère.
-Autres facteurs
L’embryon, ou le fœtus, peut ne pas se développer normalement (anomalies, mauvaise implantation dans l’utérus).
FAUSSE-COUCHE
-Les causes
L’avortement spontané, ou fausse-couche, intervient avant le 5ème mois (22 semaines d’aménorrhée). Dans la grande majorité des cas, il se produit au premier trimestre, sans que la femme s’en aperçoive. Il est dû le plus souvent à :
-une anomalie chromosomique
-une malformation grave de l’embryon ou du fœtus
-une implantation anormale ou une malformation de l’utérus
-des infections maternelles ou des dérèglements hormonaux.
Le premier signe est habituellement un saignement vaginal puis des douleurs abdominales basses surviennent au moment de l’expulsion. Les fausses couches tardives (2ème trimestre) peuvent se traduire par des contractions douloureuses, comme pour un accouchement. En cas d’avortement à répétition (plus de 3 fois), une recherche est entreprise pour en déterminer la cause.
GROSSESSE EXTRA-UTERINE
Elle intervient lorsque l’embryon ne se développe pas dans l’utérus mais, le plus souvent, dans une trompe de Fallope. Très rarement (1 à 2 % des cas), il grandit sur un ovaire ou dans l’abdomen en se fixant sur n’importe quel organe. Quelques semaines après la fécondation, des douleurs comparables à des coliques et des saignements apparaissent. Le risque est la rupture de la trompe de Fallope provoquant une hémorragie dans la cavité abdominale. Un diagnostic précoce (examens sanguins, échographie) permet d’éviter cette complication potentiellement mortelle.
-Le traitement
Il a pour but de sauver la vie de la patiente et de préserver si possible l’avenir (grossesses ultérieures). Une intervention chirurgicale est généralement pratiquée, avec ouverture de l’abdomen ou sous coelioscopie selon les cas. Elle vise à éliminer l’œuf de sa localisation anormale, en conservant ou non la trompe et/ou l’ovaire. On estime que les GEU représentent 1 à 2 % des grossesses. Les principaux facteurs de risque sont les infections génitales, le port d’un stérilet et le tabagisme.
HYPERTENSION GRAVIDIQUE
Due à une insuffisance vasculaire placentaire, elle touche 10 à 15 % des femmes enceintes ; elle apparaît à partir de la 20è semaine.
-La prééclampsie
Appelée aussi toxémie gravidique. L’apparition d’une protéinurie (présence de protéines dans les urines), associée à d’autres symptômes (gonflement des mains et du visage, prise de poids brutale, maux de tête, bourdonnements d’oreilles), est un signe d’aggravation, qui nécessite une hospitalisation d’urgence. Les risques sont très importants. Pour le fœtus, la diminution de l’apport sanguin par le placenta peut entraîner un retard de croissance plus ou moins important, pouvant aller jusqu’à la mort in utero.
-L’éclampsie
Chez la mère, l’hypertension peut provoquer la formation d’un hématome entre le placenta et l’utérus, avec un risque de fausse-couche, des troubles de la coagulation sanguine, une insuffisance rénale aigue et une atteinte cérébrale à l’origine de convulsions, voire d’un coma. Le traitement peut aller du repos strict au lit avec prise d’antihypertenseurs, en passant par l’interruption thérapeutique de la grossesse si la vie de la mère est menacée. Après l’accouchement, la situation s’améliore rapidement sous surveillance.
LES INFECTIONS
-Les virus, bactéries ou parasites peuvent se transmettre de l’organisme maternel à l’embryon, ou au fœtus, par le biais du sang et du placenta, ou par contact avec les voies génitales au cours de la grossesse et lors de l’accouchement.
Les conséquences sont variables selon le germe et le stade de la grossesse : le virus de la grippe semble inoffensif, mais ceux de la rubéole, de la varicelle et de l’herpès génital sont redoutables.
-La toxoplasmose, due à un parasite, est anodine pour l’adulte, mais elle provoque des malformations très importantes sur l’embryon et le fœtus.
-Les infections urinaires non traitées peuvent être à l’origine de complications graves.
LES MALADIES CHRONIQUES MATERNELLES
Certaines maladies préexistantes à la grossesse peuvent s’aggraver ou être réactivées pendant la grossesse. Dans certains cas, leur traitement doit être interrompu car le médicament prescrit peut passer la barrière placentaire et nuire à l’embryon ou au fœtus. Parmi les maladies chroniques qui compliquent la grossesse, on peut citer l’épilepsie, le diabète, la sclérose en plaques, le sida, certains cancers, des maladies cardiaques ou endocriniennes.
LA NOTION DE GROSSESSE A RISQUE
Lorsque le médecin (gynécologue, obstétricien) estime que sa patiente présente une fragilité particulière mettant en péril sa santé ou celle de son futur enfant, il organise une surveillance particulière, plus poussée et spécifique que la normale.
Le risque peut être lié à de nombreux paramètres, dont :
-l’âge de la mère (grossesses précoces ou tardives)
-son état de santé (maladies chroniques, infections…)
-une grossesse multiple (jumeaux, triplés)
-des antécédents de grossesses difficiles
-un risque d’accouchement prématuré
-un problème de placenta (placenta praevia, notamment lorsque le placenta recouvre le col de l’utérus et empêche le passage du fœtus à la fin de la grossesse)
-une béance du col de l’utérus, qui peut être à l’origine d’infections génitales et d’un accouchement prématuré
-une suspicion de malformation…
Editions Atlas