Phyto-oestrogènes

Publié le par SanteFemme

Il y a un manque de précision avec le mot « phyto-œstrogène ». Phyto- signifie « plante » donc fait référence à des écorces, racines, feuilles ou fleurs. Il faudrait utiliser le mot « œstrogène végétal ».

Ces phyto-oestrogènes d'origine végétale ou oestrogènes-like d'origine autre ayant une structure chimique proche de celle des oestrogènes miment l'action des oestrogènes humains.

Ils constituent une alternative aux œstrogènes de synthèse avec leur chapelet d’effets secondaires. Des oestrogènes de synthèse sont par exemple l’Estradiol (http://www.doctissimo.fr/medicament-ESTRADIOL-G-GAM.htm) pour le THS, le diéthylstilbestrol (médicament Distilbène) (http://www.doctissimo.fr/medicament-DISTILBENE.htm), et le Tamoxifène (http://santefemme.over-blog.org/article-cancer-du-sein-tamoxifene-108535095.html). Les phyto-oestrogènes n’induisent pas de prise de poids ni de rétention hydrique.

Bien qu’elles n’aient pas démontré induire l’oetrus chez l’animal, les lignanes sont considérées comme des phyto-oestrogènes ayant une activité « oetrogènes–like ».

Bien qu’un nombre important de coumestanes soit isolé des plantes, seulement quelques unes ont une activité utéro-tropique (pour une action sur l’endomètre).

L’utilisation des phyto-oestrogènes dans la prévention des pathologies chroniques reste à prouver. Cependant, ils représentent une alternative intéressante au vu de leurs effets climatériques, trophiques et dans une moindre mesure, anti-ostéoporique, comme une alternative au THS. Plutôt que de recourir à un traitement hormonal substitutif pour limiter les troubles liés à la ménopause, il est possible d'utiliser des phyto-œstrogènes. Ces phyto-oestrogènes réduisent les bouffées de chaleur, luttent contre le vieillissement cutané, l’irritabilité, la nervosité, les tendances dépressives, les troubles du sommeil.

Plusieurs études ont démontré que les phyto-œstrogènes diminuent le risque de certains cancers hormono-dépendants.

Le pamplemousse, la carotte, l’épinard, le brocoli, le chou-fleur augmentent l’action des phyto-oestrogènes.

Il existe trois classes de phyto-oestrogènes: lignanes, isoflavones, coumestanes.

On peut ajouter dans cet article une quatrième catégorie de substances qui n’ont peut-être pas encore été classées dans ces trois classes.

-lignanes:

Les lignanes comprennent les graines oléagineuses (graines de lin), céréales (son, céréales complètes), tournesol, canneberge, thé (vert ou noir), riz, fruits (cerise, pomme, poire, pamplemousse), ail, oignon, huiles végétales (olive, tournesol), végétaux, légumes.

http://www.univ-orleans.fr/lblgc/modules/AMS/index.php?storytopic=11

Index > Equipes de recherche > - Lignanes des Linacées

Enseignants-chercheurs :

Pr Eric Lainé (responsable)

Dr Joël Doussot, Pr Daniel Hagège, Dr Christophe Hano, Dr Frédéric Lamblin

Techniciens :

Esmatulah Barakzoy, Josiane Montguillon

Doctorant :

Cyrielle Corbin

Coordonnées :

Antenne Scientifique Universitaire de Chartres

21, Rue de Loigny la Bataille

28000 Chartres

Tél 02 37 30 90 67

Fax 02 37 91 08 63

L'équipe "Lignanes des Linacées" travaille dans les domaines de la physiologie végétale, de la biologie moléculaire (fonctionnement des gènes), de la biochimie (synthèse des molécules par la plante) et de la culture in vitro.

Elle collabore par ailleurs à des programmes de recherche appliqués destinés à trouver de nouveaux conservateurs naturels pour la cosmétique.

Son thème de recherche porte sur la régulation de la synthèse des lignanes du lin cultivé et des lins sauvages.

Les lignanes:

Les lignanes sont des composés phénoliques, très répandus chez les végétaux, et probablement impliqués dans les mécanismes de défense de la plante, mais ils sont également très intéressants pour la santé humaine. Les lignanes du lin sont déjà répandus comme "alicaments" dans certains pays, ce sont des phytoestrogènes qui offrent une certaine protection face au développement de cancers hormono-dépendants et préviennent aussi certaines maladies cardiaques ; ce sont également des antioxydants.

D’autres lignanes, comme la podophyllotoxine, sont intéressants à un niveau curatif : ses dérivés sont utilisés en chimiothérapie dans le traitement du cancer du poumon, mais des difficultés d'approvisionnement apparaissent car cette molécule est tirée d'une plante, le Podophyllum, qui n'est pas cultivée mais seulement cueillie. Des plantes du même genre que le lin, des lins sauvages (Linum album, Linum flavum) contiennent de la podophyllotoxine ou des molécules très proches. Ces espèces pourraient constituer une source alternative de cette molécule.

Index > Thèses soutenues > Christophe HANO

Christophe HANO

Article ID : 49

Audience : Default

Version 1.00.06

Published Date: 10/09/2009 15:43:47

Reads : 1042

Soutenance : décembre 2005

Directeur : E. Lainé

Titre : Régulation de la biosynthèse des lignanes chez le lin oléagineux (Linum usitatissimum)

Résumé :

Les graines de lin (Linum usitatissimum) accumulent de grandes quantités de SDG, un lignane phyto-oestrogène possédant des propriétés biologiques intéressantes pour la santé humaine, mais dont le rôle in planta reste inconnu.

Comme la lignine, les lignanes sont issus de la polymérisation des monolignols, et l'enzyme clef de la synthèse des lignanes du lin est la Pinorésinol-Laricirésinol Réductase (PLR).

Ce travail a conduit à l’isolement de séquences codantes et promotrice de gènes de la biosynthèse des lignanes, dont celui codant la PLR. Cela a permis d'étudier ensuite la régulation de l’expression des gènes de synthèse des lignanes. Cette étude, ainsi que des dosages d'activités enzymatiques et de produits finaux, permet d'avoir un aperçu de la répartition des monolignols au cours du développement et sous l'influence d'éliciteurs fongiques.

-isoflavones:

Les isoflavones comprennent les dérivés du soja (pour 100 g, les graines crues en contiennent 151,17 mg, le miso déshydraté 60,39 mg, le tempeh 43,52 mg, le tofu 22,70 mg, le lait de soja 9,65 mg et la sauce de soja 1,64 mg), les légumineuses (graines de soja, lentilles, pois), les agrumes, les oignons, les pommes, les raisins, le vin rouge, l’huile d’olive, le thé.

La prise d’extraits de soja à la dose de 70 mg par jour d’isoflavones réduit en moyenne de 45 % les bouffées de chaleur et cela après seulement six semaines de traitement.

-coumestanes:

Les coumestanes comprennent les graines de haricots, différentes espèces de pois. Le coumestrol se trouve dans les pousses de soja, graines germées, choux de Bruxelles. La quercitine se trouve dans les fruits et légumes.

Afin que ces phyto-œstrogènes puissent agir de manière efficace, il est indispensable que la flore intestinale soit de qualité. À cet effet, les probiotiques sont nécessaires. Tous les produits laitiers fermentés renferment des bactéries lactiques, de même que la levure de bière vivante, le miso, le tempeh, et les légumes lacto-fermentés comme la choucroute en sont largement pourvus.

-autres, à classer dans les trois classes ci-dessus :

Les fruits et légumes contiennent un élément (peut-être la quercitine qui fait partie des coumestanes) ayant une action oestrogénique au moment de la ménopause.

En ce qui concerne les alcaloides, la maca a peut-être une action équivalente aux phyto-oestrogènes, dont les alcaloides régulent la production de FSH et LH au niveau du complexe hypothalamo-hypophysaire. (Cette action est peut-être associée à des propriétés contre les troubles fonctionnels ainsi que peut-être des propriétés aphrodisiaques).

 

Métabolisme: les phyto-oetrogènes peuvent être en partie métabolisés par la flore bactérienne intestinale.

Mécanisme d'action: les récepteurs oetrogéniques sont capables de fixer des composés de structures différentes incluant les oetrogènes naturels et les isoflavones. En effet les phyto-oestrogènes sont des polyphénols de structure similaire aux oestrogènes 17β-oestradiol et diéthylstibérol.

Lire 4.1.Action biologique des phytoestrogènes p6 4.1.1.Action hormonale

http://www.iep-eu.com/img-user/phytoestrogenes_Favier.pdf

Mort d'Hippocrate

P4 la colonne total n'a pas de sens

3. Métabolisme

Les phytoetrogènes peuvent être en partie métabolisés par la flore bactérienne intestinale grâce aux β-galactosidases qui transforment les formes glycosilés des isoflavones en forme aglycones (active).Tous les métabolites provenant des isoflavones et des lignanes, franchissent la barrière intestinale, passent dans la circulation sanguine et subissent au niveau du foie une modification de leur structure (conjugaison).

Les formes conjuguées sont alors excrétées par les urines et la bile et vont subir un cycle entéro-hépatique : après excrétion dans la bile, elles peuvent être déconjuguées à nouveau par les bactéries intestinales, et réabsorbées ; soit subir une nouvelle métabolisation et une dégradation au niveau du côlon. Une partie est excrétée par les urines.

Les isoflavone set les lignanes ont été identifiées dans le plasma, les urines, les selles, le lait maternel ainsi que dans diverses sécrétions (salives, bile, liquide séminal, sueur).

Il existe des variations plasmatiques en fonction du sexe, de la flore intestinale, le régime alimentaire, le groupe ethnique.

4. Mécanisme d’action

Les récepteurs ostrogéniques sont capables de fixer des composés de structures différentes incluant les œstrogènes naturels et les isoflavones. En effet les phyto-oestrogènes sont des polyphénols de structure similaire aux oestrogènes 17β-oestradiol et diéthylstibérol. Les groupements hydroxy (_OH) sont nécessaires à la fixation aux récepteurs oestrogéniques. De ce fait les phytoestrogènes par leur activité « oetrogènes-like » ont un intérêt biologique.

Leur activité, bien plus faible que celle de l’oestradiol, d’où leur nom de oestrogènes faibles est compensée par des concentrations plasmastiques très supérieure aux taux circulant d’oestradiol ce qui explique leur effet biologique. Ils peuvent exercer une activité agonistes ou antagonistes selon la période d’activité hormonale.

4.1. Action biologique des phyto-oestrogènes :

4.1.1. Secrétions hormonales :

La sécrétion E2 entraîne une diminution du taux plasmatique (dans la plupart des études), une interruption partielle du circuit entéro-hépatique des estrogènes au niveau intestinal. Il existe une action sur l’aromatase.

Liaisons aux R.E. : tissus cibles périphériques. Au niveau de l’hypothalamus, baisse de la FSH et de la LH, modification des pulsés. Au niveau de l’hypophyse, baisse de la PRL, effet antidopaminergique.

Action sur P ( ?)

Augmentation du SHGB

On note également une action sur les cycles avec un allongement de la phase folliculaire et une atteinte du pic ovulatoire LH.

4.1.2. Action antioxydante :

Epargne des antioxydants (Vit C et ßcarotène augmentent), action antiradicalaire directe.

4.1.3. Action sur les lipides (cf estrogènes) : Anderson (1995), Anthony (1996)

Il a été constaté une diminution du taux de cholestérol total avec augmentation de l’HDL et baisse du LDL et VDL. Il y a peu d’effet sur le taux de triglycérides. Les effets sont perceptibles surtout si les taux sont élevés.

4.1.4. Action sur l’agrégation plaquettaire qui diminue.

4.2. Facteurs interférant dans l’action des phyto-oestrogènes

Le pamplemousse, la carotte, l’épinard, le brocoli, le chou-fleur augmentent l’action des phyto-oestrogènes.

Les fibres et les xénoestrogènes modifient leur action.

Le sexe (E2), les variations individuelles, la microflore intestinale, la clairance urinaire, la prise d’alcool et le tabagisme influencent la bio-disponibilité.

4.3.Action antitumorale des phyto-oestrogènes

La génistéine a surtout été étudiée.

4.3.1 Inhibition de l’angiogénèse :

In vitro chez l’animal, on constate une diminution de la néoangiogénèse ainsi qu’une diminution de la microvascularisation tumorale si le taux d’isoflavones est élevé ;

Chez la femme, une concentration urinaire élevée de génistéine est corrélée à un taux bas de cancers du sein et de l’utérus.

4.3.2. Effet antiprolifératif (in vitro chez l’animal)

- inhibition de la croissance et de la différenciation des cellules tumorales RE+ ou RE- : activité tyrosine-kinase et facteurs de croissance, TGF, FGF, EGT, Mutagen Activating Protein Kinase. R. orphelins ( ?).

- induction apoptose

- action cytostatique

- action antiradicalaire

- action enzymatique anti-aromatase

- inhibition de l’expression des proto-oncogènes

- mais doses supra-physiologiques nécessaires (> 10pmol/l) x 20 fois concentrations normales.

4.3.3. Action anti-tumorale chez l’homme

Faible taux de cancers des populations asiatiques si le taux urinaire d’isoflavones est élevé.

Baisse du taux si l’environnement et l’alimentation changent.

Action directe sur les cellules cancéreuses ?

5. Effets cliniques

5.1. Bouffées de chaleur

La majorité des études montre une amélioration des bouffées de chaleur pour des doses comprises entre 50 et 70mg/j selon les études. L’étude de Aberzatazzi (1998) montre un effet bénéfique significatif d’une supplémentation à 60g de protéines de soja (contenant 76 mg d’isoflavones) sur les bouffées de chaleur après 4, 8, et 12 semaines de traitement.

-50-45-40-35-30-25-20-15-10-50123456789101112Nombre de semaines% de diminution de BDCPLACEBOSOJA

Etude P. Albertazzi et al., Obstetrics & Gynecology, 1998, 91, 6-11

5.2 Maladies cardio-vasculaires

Plusieurs études épidémiologiques suggèrent un effet bénéfique des phyto-oestrogènes dans la prévention des MCV. Des travaux chez l’animal, montrent que les phyto-oestrogènes protègeraient des MCV, en diminuant le taux de LDL circulant, en améliorant la compliance artérielle et en réduisant la plaque d’athérome.

Depuis de nombreuses années, les propriétés hypocholestérolémiantes de diverses sources alimentaires végétales sont étudiés (et en particulier le soja). Il semble établi que le soja réduit le taux de cholestérol circulant en diminuant les fractions LDL (fraction athérogènes) et le rapport LDL/HDL. L’effet réducteur est d’autant plus important que le taux initial de cholestérol est élevé. Cette propriété est sans doute due en grande partie aux isoflavones par l’intermédiaire de leurs effets oestrogéniques et/ou antioxydants ; la fraction protéique du soja semble aussi un effet propre. Malgré l’absence d’explication claire d’action, la Food and drug Administration a autorisé en octobre 1999, aux Etats-Unis, l’allégation de réduction de risque de maladie cardiovasculaire pour les produits contenant du soja.

Les phyto-oestrogènes ont une action vasodilatatrice chez l’animal et une action sur l’endothélium. Ils jouent également un rôle sur le taux de lipides : 11 études objectivent une baisse du taux de cholestérol (baisse de 40 % de LDL – Anthony 1996-). Il y a une régulation de l’activité du R de LDL (dégradation multipliée par 8). Les phyto-oestrogènes ont un effet coronarien direct (Williams 1994), un effet hypotenseur léger (Yanori 2000, Teede 2000) et on note une diminution du risque d’infarctus du myocarde avec 20 g de soja par jour (Parti 2000).

Régime riche en protéines de soja :

variations obtenues pour les taux de cholestérol et de LDL cholestérol

Quartile

Cholestérol (mg/dl)

1

2

3

4

Taux basal

127 à 197

201 à 255

259 à 332

> 335

% de réduction

-3,3

-4,4

-7,4

-19,6

LDL CT (mg/dl)

% de réduction*

-7,7

-6,8

-9,8

-24

D’après Anderson J.W.

* en relation directe avec les taux de cholestérol

Propriétés anti-athéromateuses du génistéine démontrées in vitro

• Inhibition de la tyrosine kinase, blocage de facteurs de croissance en particulier le PDGF (platelet-derived-growth factor)

• Diminution des phénomènes de thrombose par interférence avec les plaquettes et la thrombine

• Diminution de la prolifération des cellules endothéliales

• Diminution de l’oxydation du LDL cholestérol

D’après Wiseman

Anthony a confirmé chez le singe mâle une baisse de l’extension de l’athérome coronarien.

Significativité

Caséine

Soja -

Soja +

Caséine

vs soja -

Caséine

vs soja +

Soja

vs soja +

TC (mg/dl)

457

427

307

0,32

< 0,001

0,0001

LDL + VDL (mg/dl)

416

380

251

0,29

< 0,001

0,0001

HDL CT (mg/dl)

39

47

58

0,04

< 0,001

0,002

Athérosclérose coronaire (mm2)

0,13

0,06

0,02

0,16

0,003

0,05

D’après Anthony MS. Et coll.

(soja + = soja avec isoflavones ; soja - := soja sans isoflavones

5.3. Ostéoporose

Bien que les effets bénéfiques des oestrogènes sur l’os aient été décrits il y a longtemps, les mécanismes d’action de ces hormones sont encore mal connus au niveau moléculaire. D’une manière générale les effets des oestrogènes sont relayés par un récepteur spécifique (ER : estrogene receptor). L’existence de deux récepteurs des oetrogènes pourraient éclairer ces mécanismes. Celui-ci fait partie d’une famille de gènes qui comprend également les récepteurs des autres stéroïdes (androgènes, corticoïdes, progestérone) mais également les récepteurs de la vitD, des hormones thyroïdiennes et des acides rétinoïques. Les différentes études ont montré un effet bénéfique de la diadzéine et de la génistéine, les deux principaux isoflavones présents dans le soja, sur la prévention de la perte osseuse consécutive au déficit oestrogénique de la ménopause. L’un des effets de la génistéine pourrait être dû à son action inhibitrice sur la tyrosine kinase (enzyme des ostéoclastes, très active en cas d’ostéoporose). Les phyto-oestrogènes agiraient à la fois en inhibant la résorption osseuse (en agissant sur les ostéoclastes) et en stimulant l’élaboration de l’os. Selon un travail sur des rates ovariectomisés, l’effet de la génistéine est beaucoup plus marqué sur l’os trabéculaire que sur l’os cortical, ce qui semble logique puisque l’os trabéculaire est plus sensible à l’activité ostrogénique.

L’ostéoporose est d’origine multifactorielle : âge, déficit hormonal, régime alimentaire préexistant, sensibilité personnelle, etc. On constate une activité estrogénique des isoflavones (R.β). Il existe une faible fréquence des fractures du col en Asie (mais col plus court). Une étude sur les rates ovariecotomisées montre que le soja retarde la perte osseuse. On constate une augmentation de l’action ostéoblastique (daidzéine) et une baisse de l’action ostéoclastiques.

Plusieurs études ont été faites : Erdman (1996) a montré une augmentation de la densitométrie osseuse avec le soja. Pour Gambacciani (1998) , l’action de la daidzéine est équivalente à celle du prémarin. Il préconise l’association des deux en dimunuant de moitié le prémarin et la prescription de phyto-oestrogènes si agoniste de la LHRH (endométriose). Valente (1994) retrouve un gain osseux avec ossature normale au niveau du rachis.

Les phyto-oestrogènes ont une action à peu près exclusivement sur l’os trabéculaire (rachis), d’où prescription de Raloxifène (Evista). Mais il ne faut pas négliger d’autres moyens pour lutter contre l’ostéoporose comme l’activité physique, le calcium, la vitamine D, les biphosphanates…

5.4. L’épithélium vaginal

Une étude randomisée de Uesugi (1999) montre l’effet estrogénique. Sous 60 mg d’isoflavone, on constate une baisse des cellules parabasales (74 à 23 %) et une augmentation des cellules intermédiaires (25 à 76 %)

5.5 Cancer du sein

Les études épidémiologiques suggèrent que les femmes asiatiques qui consomment une alimentation traditionnelle riche en soja présenteraient une incidence plus faible de cancer du sein que les femmes occidentales. Les femmes asiatiques vivant aux E.U. perdraient cette protection dès la deuxième génération d’immigration, et atteindraient les mêmes valeurs d’incidence de ce cancer que les femmes américaines.

Les isoflavones de soja présentaient une activité sur les facteurs de sur l’adhésion cellulaire par l’action de la génistéine sur la tyrosine kinase. De plus la génistéine prolonge la durée de la phase phase folliculaire du cycle menstruel, ce qui est associé à un moindre risque du cancer du sein.

Cependant, la consommation de soja dès la puberté aurait un effet protecteur vis à vis du cancer du sein, alors qu’une prise importante chez la femme adulte pourrait entraîner une prolifération cellulaire au niveau mammaire et de ce fait pourrait constituer un risque chez les femmes présentant des lésions précancéreuses au sein.

5.5.1 Phyto-oestrogènes après cancer du sein :

Le traitement hormonal subsitutif est théoriquement contre-indiqué. Les chimiothérapies adjuvantes favorisent des ménopauses précoces. Il existe une demande des patientes pour palier à la carence estrogénique.

Le risque de cancer du sein est de 1/6 en Asie. Une alimentation riche en fibres, en soja et pauvre en graisse pourrait avoir un effet sur ce facteur de risque.

Des études montrent la relation entre le risque de cancer du sein et l’alimentation en soja. Certaines montrent un risque multiplié par 0,4 en préménopause. Wu (1996) a démontré un effet protecteur chez les migrantes asiatiques (1ère génération), d’où marqueur d’occidentalisation ? Ingard (1997) retrouve une baisse du risque de cancer du sein s’il existe une excrétion urinaire importante de phyto-oestrogènes (equol, enterolactone) mais protection des asiatiques probablement d’origine multiple.

Données expérimentales :

Lignanes (enterolactones) (graines de lin) ≠ des isoflavones. La structure = distilbène. (génistéine, daidzeine) dans les légumineuses et le soja, retrouvés dans l’urine humaine (avec équol). L’affinité est 20 à 100 fois plus faible pour les R.E.. L’activité estrogénique est 100 fois plus faible que E2 mais les concentrations plasmatiques sont 1000 fois plus élevées si consommation de soja.

Donc récepteurs β essentiellement (os, cerveau, endothélium vasculaire).

Au niveau de l’action sur les cellules cancéreuses mammaires in vitro, on constate une prolifération des cellules à des doses physiologiques, un effet inhibiteur léger à des doses physiologiques associées à E2 (effet compétitif sur les R.E.), et une inhibition de la prolifération cellulaire maligne à des doses pharmacologiques (baisse de l’activité de la thyroseine-kinase des facteurs de croissance).

On peut donc dire :

- que les concentrations utiles doivent être supérieures à celles induites par la consommation « asiatique » (20 à 80 mg/j de génistéine ; 1 à 3 mg/j aux USA)

- qu’il existe une influence des estrogènes endogènes (variation de l’impact en fonction de l’âge).

Des études ont montré que chez la rate traitée par génistéine, baisse de la tumeur induite d’autant plus que le traitement est précoce dans leur vie (période prépubaire). Il y a une différention plus précoce des cellules moins sensibles par la suite) (Setchell 1997, Hyakiwi Clarke 1999).

Les études in-vivo chez la femme montrent une augmentation de la prolifération des cellules mammaires sous isoflavones (en fonction du cycle et de l’âge).

5.6 Cancer de l’endomètre

Faible incidence chez les Asiatiques. L’action in vitro sur les cellules endométriales montre une augmentation de la production de phosphates alcalines, une action anti-aromatase, une action sur les facteurs de croissance tumorale. La baisse de la fréquence des cancers chez les nullipares n’a pas été mise en évidence.

5.7. Autres cancers

Pour les cancers coliques, des travaux expérimentaux et épidémiologiques se sont avérés concluants. En ce qui concerne les cancers de la prostate, il y a une diminution du risque si consommation de soja (Hawai).

On peut donc dire que les phyto-oestrogènes ont une action oncoprotectrice et antiproliférative pour les cancers hormono-dépendants mais les résultats sont peu démonstratifs car ils dépendent des doses, de la durée du traitement et du type cellulaire. En cas de cancer hormono-dépendant en évolution, les phyto-oestrogènes sont contre-indiqués. En cas d’antécédent de cancer du sein, certains SERM (tamoxifène) s’avèrent intéressants. La Tibolone, grâce à son rôle progestatif, reste à étudier (Gompel 1999) ;

5.8. Effets cutanés des phytoestrogènes

Trois études ont été réalisées :

- Varila (1995) – Schmitt (1996) : les estrogènes en topique entraînent des effets entamés après la ménopause avec augmentation de la production de collagène et une amélioration de l’aspect cutané.

- Wei (1998) retrouve un intérêt potentiel des isoflavones dans le vieillisement cutané photo induit.

- Jacquet (2000) : l’utilisation en topique entraine une bonne tolérance cutanée, une augmentation de l’hydratation et une efficacité anti-rides (volume et profondeur) avec diminution de 15 à 20 %) Il y a une action sur le collagène et inhition IL1.

6. Les compléments nutritionnels

De nombreux compléments nutritionnels à base d’isoflavones de soja sortent sur le marché. Certains d’entre eux associent plusieurs plantes, notamment le yam qui contient de la diosgénine présentée comme ayant des propriétés progestatives. Tous ont la même indication : troubles mineurs liés à la ménopause et principalement les bouffées de chaleur.

Les quantités sont très variables de 35 à 400mg/j. Une dose de 70-80mg d’isoflavones/j serait en accord avec les résultats d’études sur le sujet.

NomcommercialFormePosologieApports en isoflavones

Biopause®ComprimésUn comprimé matin et soirExtrait de soja : 150mgExtrait d’ignane : 15mg

Evestrel®ComprimésUn comprimé deux fois par jour75 mg par jourIsoya®Patchs1 patch/jour

Oenobiolféminité®Dragées3 à 4 dragées par jour100mg/dragées300 à 400 mg par jour

PhytoSoya®Gélules2 à 4 gélules par jour (matin etsoir)17.4mg d’isoF/gélules35 mg à 70 mg par jour(phase initiale)

Soyam®Gélules3 gélules par jour en une seulepriseYam : 235mg Soya : 150mgNon précisés

Ymea®Gélules2 à 4 gélules par jourSoja : 172 mg (34.4mg d’IssoF)Tam : 600mg (96mgdiosgénine)68.8 mg à 137.6 mg par joursuivant l’intensité destroubles

Compléments Lignaform : extrait de soja titré à 10 % d’isoflavones (37,5 mg)

Ipravalone pour l’ostéoporose

Les phyto-oestrogènes sont des estrogènes incomplets. Leur impact sur la vascularisation tumorale demande de fortes doses.

Les phyto-oestrogènes représentent une alternative intéressante au vu de leur effet anti-ostéoporique, comme une alternative au THS.

Il faut toujours associer la prescription avec des conseils nutritionnels, d’activité physique avec éventuellement des micronutriments antioxydants.

 

Progesterone-like

Certaines plantes favorisent naturellement le retour à l’équilibre hormonal comme la sauge ou l’armoise pour le cycle féminin.

Dans la famille des œstrogènes, on trouve des plantes qui peuvent aider le système à mieux comprendre ses équilibres notamment la sauge, l’armoise ou l’achillée, ou alors des plantes qui vont elles-mêmes apporter des molécules ressemblant à des œstrogènes, des phyto-œstrogènes : le kudzu, le houblon, le trèfle, le soja, l’alfalfa… Côté progestérone, le gattilier, l’alchémille, la verveine officinale ou la mélisse apportent de la même façon de la progestérone-like. Il est important de le savoir lorsque l’on prend un traitement hormonal de substitution.

 

A SUIVRE

  

 

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