Violences conjugales 2/2
Améliorer la prise en charge des victimes et des agresseurs
Pour sortir de l'engrenage des violences conjugales, le parcours est encore trop souvent semé d'embûches. Pour savoir où s'adresser et comment améliorer la prise en charge des victimes, découvrez nos articles.
Un soutien sur mesure pour les femmes victimes de violences conjugales (voir 1/2)
Lutter contre les violences conjugales pendant la grossesse (voir 1/2)
Prendre en charge les victimes et les agresseurs (ici)
Interview du Dr Coutanceau
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Violences conjugales : clip TV "Plus d'une femme par jour" (voir 1/2)
A l'heure où des faits divers dramatiques viennent nous rappeler l'importance des problèmes de violences conjugales, nous avons voulu en savoir plus en interrogeant le Dr Coutanceau, responsable d'une consultation de prise en charge de victimes et aussi d'auteurs de violences familiales et sexuelles. Il est également criminologue expert auprès des tribunaux et président de ligue française pour la santé mentale.
Doctissimo : Différentes associations ont surfé sur l'actualité. Pensez-vous que ce soit le bon moment pour parler des violences conjugales ?
Dr Coutanceau : L'affaire Trintignant-Cantat ne semble pas à proprement parler typique des crimes passionnels. Mais là encore, tant que l'affaire n'a pas été jugée, on ne peut que spéculer sur le dramatique enchaînement de faits. Mais cette actualité nous permet de mettre en lumière le phénomène des violences conjugales, et peut-être tenter de proposer des choses pour réduire le nombre de ces dérapages tragiques.
Doctissimo : Comment améliorer la prévention et la prise en charge des violences conjugales ?
Doctissimo : Comment une jalousie extrême peut-elle entraîner un passage à l'acte ?
Dr Coutanceau : Les passages à l'acte nécessitent la conjonction de plusieurs facteurs :
- Une structure de personnalité atypique et immature, incluant une fragilité affective ou tournée autour d'une vision romantique de l'abandon ou paranoïaque ;
- Un état clinique incluant un état de stress très important ou un état dépressif ;
- Un moment de séparation très mal vécu avant, pendant ou plus généralement après la déchirure ;
- Une situation extrême, un moment de tension très prononcé ;
- Un élément déclencheur final comme des mots malheureux prononcés par la victime.
Doctissimo : De quels moyens juridiques disposent aujourd'hui les magistrats ?
Dr Coutanceau : Si la femme présente des marques de violences conjugales, le parquet a la possibilité de mettre l'homme en garde à vue. Pendant cette garde à vue, il peut recourir à une expertise psychiatrique. Une telle évaluation permet de distinguer de simples disputes de faits plus graves impliquant des personnages particulièrement violents, qu'il convient d'éloigner de la victime. Si l'homme est jugé capable de retourner dans son foyer, il est possible de marquer cet écart en lui envoyant une lettre l'avertissant qu'il n'est plus ignoré des services de police et que son prochain écart sera beaucoup plus sévèrement puni.
Doctissimo : La victime est souvent orientée vers des foyers de soutien. Cette technique qui l'éloigne du domicile conjugal ne risque-t-elle pas de la pénaliser ?
Dr Coutanceau : De nouvelles stratégies sont étudiées pour que ce soit l'agresseur qui quitte le domicile conjugal. Ainsi certaines régions mettent en place des structures permettant de les accueillir un temps, en partenariat avec l'association Emmaüs notamment. A Paris, nous allons innover en proposant dès le 1er octobre 2003 une consultation spécialement destinée à la prise en charge des violences conjugales, en partenariat avec le Parquet.
Doctissimo : Quels sont les hommes ayant recours à cette consultation spécialisée ?
Dr Coutanceau : Ils peuvent bien entendu se présenter d'eux-mêmes, mais c'est rarement le cas. Un médecin généraliste peut également les orienter vers nous. Mais nous espérons que se développe la notion de classement sous condition auprès des magistrats, c'est-à-dire l'obligation pour les hommes violents de se soigner.
L'injonction de soins avait également été prévue pour les délinquants sexuels dès 1991, mais à cette époque aucune équipe soignante n'était capable de les accueillir et de les traiter. Nous ne voulons pas qu'une telle chose se reproduise pour les violences conjugales. La solution passe par la rencontre entre une reconnaissance sociale du délit, un arsenal juridique efficace et l'existence de structures de soins permettant une prise en charge adéquate.
Doctissimo : Comment peut-on "soigner" un homme violent ?
Dr Coutanceau : Pour les psychiatres peu habitués à traiter ces personnes et préférant travailler au long cours, cette prise en charge est un véritable défi car l'injonction de soins est limitée dans le temps. On ne peut parler de guérison car ces troubles de la personnalité ne sont pas une maladie à proprement parler. Il s'agit donc d'aider le patient à comprendre son comportement, à mieux gérer ses accès de violence. Le cas échéant, une thérapie de couple pourra être engagée. Nous avons aujourd'hui un pourcentage non négligeable de patients qui continue à venir consulter au-delà de l'injonction de soins. Et dans ce cas, le pari est réellement gagné. La personne est consciente de l'aide que peut lui apporter une telle prise en charge et s'y rend sans contrainte.
Propos recueillis par David Bême, le 19 septembre 2003
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Tél. : 01 40 33 80 60
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Minitel 3615 SOS femmes
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| Dr Coutanceau : Depuis plusieurs années, les gouvernements successifs ont affirmé la volonté de ne plus ignorer la violence conjugale. Au-delà de cette détermination, il faut disposer d'outils permettant une prise en charge de la victime mais aussi de l'agresseur. Mais il n'est pas toujours facile d'intervenir dans la sphère privée d'un couple. | |
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| Chaque année, des milliers d'enfants sont victimes d'abus sexuels. Et ce ne sont pas toujours les enfants des autres… En France ou à l’étranger, des lois existent pour que les crimes des pédophiles ne restent pas impunis. | |
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