Eclampsie

Publié le par SanteFemme

Eclampsie

 

SOMMAIRE

1. La prééclampsie dévoile peu à peu ses secrets

2. Hypertension artérielle et éclampsie

3. Prééclampsie, toxémie gravidique et éclampsie

 

 

1. La prééclampsie dévoile peu à peu ses secrets

Parfois grave, la pré-éclampsie est responsable de 10 % des décès maternels. Diagnostiquer cette pathologie permet de provoquer la naissance de l’enfant par césarienne, le seul traitement possible. Des scientifiques tentent actuellement d’identifier les causes de cette maladie encore mystérieuse.

Bien qu’assez fréquente, la pré-éclampsie reste bien mystérieuse. Caractérisée par un problème de pression artérielle, cette maladie spécifique de la grossesse peut menacer la vie de la mère et de l’enfant. De récentes découvertes ont permis d’en savoir plus et pourraient déboucher sur la mise au point de traitements.

10 % des morts maternelles

Cette maladie concerne 5 % des femmes enceintes, souvent lors de leur première grossesse, et se développe à partir de la 20e semaine d’aménorrhée. Elle se caractérise par une tension élevée, des oedèmes, la présence de protéines dans les urines.

Elle peut être plus ou moins grave selon les cas, du retard de croissance du foetus au développement de l’éclampsie (1 cas sur 200), maladie responsable de 10 % des morts maternelles. Diagnostiquer cette pathologie le plus tôt possible permet de provoquer la naissance de l’enfant par césarienne, le seul traitement possible. Dans ce cas, il n’y a généralement pas de séquelles.

Une origine génétique ?

Jusqu’à la découverte du Pr. Zusterzeel1 de l’Hôpital Universitaire de Nijmegen, rien ne permettait d’identifier les femmes à risque, exceptées celles souffrant déjà d’hypertension ou de maladies du métabolisme, comme le diabète. En constatant qu’un défaut en époxyde hydroxylase, une enzyme responsable de l’élimination des toxines dans le corps, augmentait ce risque, ils ont comparé le gène responsable de la fabrication de cette enzyme chez 183 femmes ayant déjà été victimes d’une pré-éclampsie avec celui de 151 femmes en bonne santé.

Résultats : un défaut d’ordre génétique a été mis en évidence chez presque toutes les femmes du premier groupe. Cette découverte pourrait bientôt permettre la mise au point d’un test de dépistage et donc une prise en charge précoce de la maladie.

Concernant les perspectives thérapeutiques, cette caractéristique génétique oriente désormais la recherche médicale vers une correction du déséquilibre entre la quantité de composés toxiques et celle des enzymes dites "de nettoyage". D’autres pistes sont également à l’étude, notamment celles visant à identifier le caractère préventif d’une alimentation riche en vitamines.

Les risques d'un accouchement en hiver

Selon une équipe norvégienne2, les femmes qui accouchent pendant les mois d’hiver ont statistiquement plus risques de développer de graves complications dans les mois précédant l’accouchement.

Les scientifiques ont observé plus de 1,8 millions de naissances entre 1967 et 1998 et enregistré les cas de pré-éclampsie.

Résultats : le risque est moins important au mois d’août et plus important de 20 à 30 % pendant les mois d’hiver, en particulier décembre.

Ces découvertes permettront peut-être aux scientifiques d’en savoir plus sur les causes de cette pathologie de la femme enceinte. Outre ses manifestations bien connues (hausse de la tension artérielle associée à des troubles rénaux), l’origine de cette maladie reste un mystère même si sa prise en charge permet dans la plupart des cas d’éviter une issue fatale.

David Bême

1 - Journal of Medical Genetics, Avril 2001 ; 38(4) :234-7
2 - Journal of Obstetrics and Gynecology; November 2001

                              

 

2. Hypertension artérielle et éclampsie

L'hypertension est l'une des complications les plus redoutées de la grossesse. Non prise en charge, elle peut entraîner un risque d'éclampsie très dangereuses pour la maman et le bébé. Mais des traitements existent pour protéger la mère et l'enfant.

Hypertension artérielle

C’est la complication de la grossesse la plus fréquente.

Il faut néanmoins distinguer plusieurs cas : 
  • La patiente est hypertendue en dehors de la grossesse. Elle reste hypertendue pendant et après la grossesse et cette dernière peut aggraver l’état maternel ou pas ;
  • La patiente est hypertendue à chaque grossesse et la tension redevient normale après l’accouchement. La patiente a une tension normale en dehors de ses grossesses ;
  • La patiente développe un hypertension au troisième trimestre de sa grossesse (classiquement première grossesse) avec des complications foetales et maternelles. C’est le tableau classique de toxémie gravidique (ou pré-éclampsie ou dysgravidie ou syndrome vasculo-rénal). En général, cette toxémie ne récidive pas lors des grossesses futures.

La toxémie gravidique est définie par l’apparition d’une hypertension associée à une protéinurie (fuite de protéine  dans les urines). Les deux premiers cas peuvent également évoluer vers le stade toxémique.

L’évolution ultime de la toxémie sur le plan maternel est l’éclampsie (voir ce mot).

Les signes de toxémie sont bien connus : oedèmes, maux de tête, mouches devant les yeux, bourdonnements d’oreille, réflexes vifs…

Les signes biologiques sont dominés par la protéinurie, hémoconcentration, anomalies de la coagulation, chute des plaquettes, troubles hépatiques, hyper uricémie…

Différents traitements permettent de contrôler l’état maternel jusqu’à l’accouchement qui est le véritable traitement de cette complication . Dans les formes sévères, l’accouchement devra être provoquer avant terme, souvent par césarienne.

Le risque foetal majeur est la survenue d’un retard de croissance intra-utérin et la naissance prématuré pour gravité de l’état foetal et/ou maternel.

L'éclampsie

C’est le stade ultime de l’évolution de la toxémie gravidique. Sa survenue est devenue rare en France de nos jours grâce à la prise en charge optimale de l’hypertension en cours de grossesse.

Il s’agit d’une crise convulsive tonico-clonique (épilepsie) par atteinte cérébrale secondaire à  l’hypertension. Il s’agit probablement d’une encéphalopathie hypertensive et métabolique. L’absence de traitement urgent engendre un état de mal éclamptique plus ou moins associé à un coma. La mort foetale est fréquente et la vie de la mère est en danger.

Le traitement comporte un contrôle médicamenteux des crises convulsives et de l’hypertension ainsi qu’une césarienne en extrême urgence.

Dr Joël Agénor

       

       

3. Prééclampsie, toxémie gravidique, et éclampsie

Qu'est-ce que c'est ?

La toxémie gravidique est une complication rénale survenant pendant la grossesse. La prééclampsie est une maladie caractérisée par l'association d'une hypertension artérielle (HTA) , d'une protéinurie, d'une prise de poids avec oedèmes. Elle plus fréquente en cas de grossesses gémellaire et de première grossesse. L'éclampsie est une crise convulsive (phase tonique puis clonique suivie de coma post-critique) survenant à la fin de la grossesse.

Causes et facteurs de risque

La prééclampsie est fréquente (1 pour 20 grossesses) 
La cause est inconnue.

Les signes de la maladie

Ils font partie de la définition de la maladie : hypertension artérielle, protéinurie, prise de poids, oedèmes.

Une TA supérieure à 14/9 au repos affirme une hypertension artérielle gravidique.

La précocité et l'importance de cette HTA sont des facteurs de mauvais pronostic, pouvant entraîner une mort foetale in utero ou une hypotrophie foetale.

La femme se plaint de céphalées pénibles, de bourdonnements d'oreille, d'une somnolence inhabituelle, de troubles oculaires : diminution de l'acuité visuelle, parfois amaurose (cécité) subite qui régressera sans séquelle, mouches volantes, diplopie (vision double). Elle présente des oedèmes blancs, mous, indolores au niveau des chevilles et des jambes. Une bouffissure des paupières est fréquente. La tension artérielle est très élevée.

Complications

L'éclampsie est la complication majeure de la prééclampsie. Elle fait suite à la prééclampsie.
C'est une crise convulsive typique (phase tonique puis clonique suivie de coma post-critique) survenant au 3° trimestre de la grossesse, au cours du travail, ou après l'accouchement, et associée à une hypertension artérielle.

La mort du foetus en est une conséquence possible, la vie de la mère est également en danger. Tout doit donc être mis en oeuvre pour éviter cet accident. Les autres complications maternelles de la prééclampsie sont l'hématome rétroplacentaire, l'insuffisance rénale aiguë, l'oedème cérébral, une hémorragie, des troubles de la coagulation. Le foetus risque une souffrance foetale chronique avec hypotrophie, la mort in utero, une souffrance aiguë pendant le travail, ou dans les premiers jours de vie.

Traitement

Devant une hypertension artérielle gravidique modérée, sans antécédent :

  • Arrêt de travail ;
  • Mise au repos complet ;
  • Antihypertenseurs ;
  • Surveillance stricte : poids, diurèse, tension artérielle, protéinurie, uricémie et créatininémie.

Devant des symptômes évoquant une prééclampsie :

  • Hospitalisation immédiate ;
  • Mise au repos complet ;
  • Antihypertenseurs ;
  • Surveillance stricte : poids, diurèse, tension artérielle, protéinurie, uricémie et créatininémie ;
  • Surveillance de la vitalité du foetus : monitorage foetal permanent.
    La décision de provoquer un accouchement prématuré par voie basse naturelle ou par césarienne est parfois prise en cas d'hypertension artérielle incontrôlable.

Le traitement de la crise d'éclampsie se fait en milieu spécialisé et utilise des anticonvulsivants. L'accouchement est déclenché, ou une césarienne est pratiquée.

La guérison est habituelle, et il n'y a pas de récidive au cours des autres grossesses. Des complications à long terme sont cependant possibles.

La prévention repose sur la surveillance des femmes enceintes : prise de la tension artérielle, recherche d'une protéinurie, surveillance du poids.

Dr Lyonel Rossant, Dr Jacqueline Rossant-Lumbroso.

               

               

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